Des territoires dit "points noirs" seront identifiés et feront l'objet d'un suivi particulier

NAMUR Le ministre wallon de la Ruralité, Carlo Di Antonio, veut réduire de moitié les populations de grand gibier en Wallonie. Il a préparé pour ce faire un arrêté contenant 25 mesures, approuvé la semaine passée par le gouvernement. Depuis une dizaine d'années, le constat revient périodiquement: certaines espèces prolifèrent, en particulier les sangliers et les cerfs, et provoquent des dégâts importants dans les cultures, voire dans les jardins de particuliers.

L'arrêté fixe deux objectifs: établir un état des lieux précis de la situation et réduire les populations excédentaires.

Des territoires dit "points noirs" seront identifiés et feront l'objet d'un suivi particulier. Un cadastre des clôtures sera par ailleurs établi. La chasse au grand gibier ne peut pas avoir lieu dans des espaces clôturés. Or, certains propriétaires ne semblent pas respecter l'interdiction. Les clôtures en infraction devront donc être démontées, sous peine de poursuites judiciaires.

Les plans de tir aux cervidés seront améliorés et les conseils cygénétiques pourront être sanctionnés en cas de non-respect. Les périodes chasse en battue du sanglier ou à l'espèce du cerf seront élargies. Entre le 20 décembre et le 21 janvier, ces chasses seront suspendues les samedi et dimanche pour laisser la voie libre aux promeneurs. Les procédures de destruction des sangliers seront simplifiées et les plages horaires dans lesquelles elles peuvent avoir lieu étendues.

Pour éviter la concentration et la prolifération de gibier, le nourrissage du gibier sera interdit au nord du Sillon Sambre et Meuse et des restrictions seront d'application au sud.

Si l'opposition MR juge positivement certaines mesures, elle est en revanche plus critique sur le sujet du nourrissage et a regretté ce qu'elle a qualifié de revirements du ministre sur un point qui a suscité maintes controverses.

"Là où Lutgen ne prenait aucune décision, le ministre s'est dit qu'il allait frapper un grand coup avant de s'en mordre les doigts et de revoir sa copie. Mais entre-temps, des chasses communales ont été louées à un prix largement inférieur à ce qui était prévu", a déploré le député Gilles Mouyard.

© La Dernière Heure 2012