Belgique

Échange d’amabilités entre le Roi et son Premier ministre fédéral

Certaines cuvées cherchent à forcer des réformes. D’autres à stabiliser le navire qui tangue. Les discours d’Albert II et de son Premier ministre prononcés ce mardi à l’occasion de la traditionnelle réception des Corps constitués – en gros : les leaders politiques, économiques et médiatiques du pays – ont davantage relevé de la seconde catégorie.

Principal fait (un peu) marquant : les échanges d’amabilités frôlant l’hommage entre le Roi et son Premier ministre, qui ont dû faire pester plus d’un leader nationaliste, à peine visés en filigrane de ces assauts de courtoisie.

Albert II a ainsi exprimé au Montois sa “gratitude pour la très grande patience, la persévérance et le courage” dont il a “fait preuve dans la recherche de compromis” – admirez le pluriel – “qui rassemblent” .

Le nouveau locataire du 16 n’a pas été davantage ingrat en retour, saluant “le rôle déterminant” joué par le Souverain “durant cette “période de crise politique qui fut la plus longue de notre histoire” . Elio Di Rupo aura aussi mis la tribune à profit pour tenter, une fois de plus, de convaincre de l’utilité des réformes sociales, aussi mal accueillies soient-elles dans les rangs syndicaux.

Principaux leitmotivs : c’est nécessaire pour nous mettre à l’abri “de la spéculation et d’une perte de compétitivité dramatique de nos entreprises” . Et c’est bien pire ailleurs : “Certains pays européens ont fait passer l’âge de la retraite de 65 à 66 ou 67 ans” , d’autres “ont gelé les salaires et les pensions” , “diminué les aides sociales et les allocations familiales” ou “réduit drastiquement les salaires des fonctionnaires” .

Mais chez nous, “rien de tout ça” . L’heure est donc “au sens des responsabilités de chacun” . Car si “ce ne sont pas les citoyens qui sont responsables de la crise” , “les lamentations sont stériles”



© La Dernière Heure 2012