"Au-delà des chiffres et des statistiques, l'épidémie de coronavirus aura eu, au moins, le mérite de rétablir les vraies priorités", a affirmé mercredi le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, à l'entame de la séance plénière du parlement wallon consacrée à la crise. "Les obsessions d'hier ont connu, à l'inverse, une sorte de chute d'Icare. Malmenée la sacro-sainte orthodoxie budgétaire et financière voulue par le FMI, l'OCDE, la Banque mondiale ou la Commission européenne. Dételés les diktats économiques et culturels du monde mercantile. Oubliés les projets de privatisation de la Sécu. Au revoir ce modèle de développement qui saccage notre planète", a-t-il notamment énuméré avant d'évoquer l'avenir.

"Les activités reprennent et avec elles, c'est le nouveau projet wallon qui va enfin pouvoir décoller", un projet baptisé "Get Up Wallonia" pour lequel la Région fera appel à un consultant expérimenté et mettra en place un Conseil stratégique composé de personnalités académiques qui conseilleront directement le gouvernement, a rappelé le ministre-président.

Trois task-forces opérationnelles dans les secteurs économique, social et environnemental seront également mises sur pied et les citoyens qui le souhaitent seront également associés au processus. Une plateforme numérique et des formulaires papier qui seront disponibles dans différents lieux publics sont prévus à cet effet.

"'L'avenir n'est plus ce qu'il était', a écrit Paul Valéry. Et en effet, l'avenir, ce ne sont plus les méga entreprises qui dominent le monde. L'avenir n'est pas la destruction, jugée inexorable, de notre planète. Cet avenir-là a fait son temps et plus grand-monde ne le désire. Le nouvel avenir, c'est d'abord un recentrage sur les besoins fondamentaux des êtres humains", a poursuivi Elio Di Rupo.

"C'est aussi un respect scrupuleux de l'environnement et une attention vigilante aux signaux que nous envoie la nature. C'est enfin une économie plus dynamique, plus locale et plus à la pointe des technologies nouvelles. Une économie plus respectueuse des travailleurs et de leur dignité. Une économie de l'intelligence qui facilite les tâches humaines", a-t-il ajouté.

Bien sûr, le gouvernement "ne prétend pas vouloir changer tout, du tout au tout, à l'échelle d'une seule législature. Mais il entend donner une impulsion décisive pour que la Wallonie accomplisse un bond en avant. L'espoir est grand, et la confiance est de mise", a conclu le ministre-président.