Belgique

Le gouvernement fédéral en affaires courantes a finalement fixé son choix de candidat belge à la Commission européenne: il s'agit du MR Didier Reynders, communique samedi soir le porte-parole du Premier ministre démissionnaire Charles Michel (MR), lui-même désigné récemment président du Conseil européen. 

Jusqu'à aujourd'hui, deux noms circulaient principalement: celui de l'ex-vice-Premier ministre CD&V, Kris Peeters, et celui du vice-Premier ministre MR, tous deux membres de la coalition gouvernementale sortante.

Le PS avait cette semaine laissé entendre pouvoir également prétendre au poste, ajoutant le nom de Laurette Onkelinx aux spéculations. Du côté des humanistes (cdH), on avait annoncé vendredi vouloir passer par une commission parlementaire, pour entre autres débattre d'une "vision", d'un "projet" à défendre au niveau européen, via la personne du futur commissaire. Ecolo avait également émis le souhait d'un débat parlementaire, mais le gouvernement sortant ne l'a pas entendu de cette oreille.

"Il revient au Gouvernement fédéral de décider de cette candidature", rappelle le communiqué du Premier ministre samedi soir. Par ailleurs, même si ce gouvernement est actuellement en affaires courantes, "il apparaît que cette désignation comme candidat belge au poste de commissaire européen s'inscrit dans le concept d'affaires courantes au motif de son impérieuse nécessité pour les intérêts de l'état et de l'urgence de la matière".

Didier Reynders, actuellement "informateur royal" aux côtés de Johan Vande Lanotte en vue de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral à la suite des élections de mai dernier, obtiendra donc un poste européen, après avoir vu la Croate Marija Pejcinovic Buric préférée pour celui de secrétaire général du Conseil de l'Europe, qu'il visait.

La désignation d'un candidat commissaire européen est habituellement tranchée dans le cadre plus large des tractations autour de la formation du gouvernement fédéral et du "dispatching" des postes à responsabilités aux niveaux belge et européen. Mais "à ce stade, il n'y a pas de processus de formation, ni de préformation de gouvernement fédéral démarré en Belgique", constate samedi le Premier ministre. Un choix belge devait cependant être opéré sans tarder, les lettres de nomination des Etats membres ayant été demandées par la présidence finlandaise de l'UE "pour le lundi 26 août 2019".

Le Premier ministre précise par ailleurs dans son communiqué que "des contacts informels" ont eu lieu à ce sujet "auprès des formations politiques démocratiques représentées à la Chambre des représentants par un groupe politique reconnu", et que le président de la Chambre, l'Open Vld Patrick Dewael, a été consulté.

Les candidats des Etats-membres, avec déjà 24 noms (sur 27), doivent désormais passer par des interviews avec la présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen. Cela pourrait avoir lieu dès lundi après-midi pour Didier Reynders, laisse entendre le Premier ministre. "Ensuite le Conseil de l'Union européenne adoptera la liste des personnalités proposées comme membres de la Commission. Le Parlement européen validera ensuite (septembre-octobre) les candidatures et procédera à des auditions".