A Washington, il est de 18%. Dans le comté de Walsh, dans le Dakota du Nord, il dépasse 99%. A Prague, il est de 58%. Le calcul est simple, fondé sur des données en temps réel sur la pandémie de Covid-19, mais présenté de façon lisible par un site qui gagne en popularité depuis sa mise en ligne en juillet, créé par des chercheurs de l'université Georgia Tech et dont la méthodologie a été validée lundi avec une publication dans l'une des prestigieuses revues Nature.

L'adresse est https://covid19risk.biosci.gatech.edu/ (en anglais), mais il était victime jeudi de son succès, le site affichant parfois des messages d'erreurs face à l'afflux de connexions.

Les chercheurs calculent le risque en fonction du nombre officiel de nouveaux cas rapportés chaque jour dans un lieu donné (par comté aux Etats-Unis, ou par département en France).

Le modèle prend aussi en compte le fait que le nombre réel de contaminations est supérieur de cinq à 10 fois au nombre de tests positifs, et l'utilisateur peut calculer le risque en fonction de ces deux hypothèses, cinq ou 10. Aux Etats-Unis, le directeur des Centres de lutte contre les maladies (CDC) a dit cet été que les tests ne détectaient sans doute qu'un cas sur 10.

Les chiffres du début de cet article sont fondés sur une sous-estimation de 10 fois. Si on estime qu'il y a seulement cinq fois plus d'infections que le nombre officiel, le risque d'avoir une personne positive parmi les 10 d'un dîner parisien descend à 18%, à 10% à Washington et à 94% à Walsh dans le Dakota du Nord.

Ensuite, on peut sélectionner la taille de l'événement auquel on prévoit de participer: 10, 25, 50, 100 ou jusqu'à 5.000 personnes. Mais aller jusqu'à 5.000 est inutile. A l'heure actuelle, dans de très nombreux lieux aux Etats-Unis et en Europe, on dépasse 50% de probabilité de se trouver en présence d'une personne contaminée dès 50 personnes.

Avec 50 personnes - à un mariage ou dans des bars bien remplis, s'ils étaient ouverts - le risque qu'au moins une soit contaminée serait de 86% à Paris et de 99% dans le Rhône.

Le site a une approche conservatrice: il suppose qu'une personne reste positive pendant 10 jours, dit son créateur Joshua Weitz à l'AFP. En réalité, des chercheurs estiment qu'une personne est très contagieuse pendant moins de temps, de l'ordre de cinq à six jours, et que le reste du temps elle l'est moins ou pas, malgré la présence résiduelle de virus.

Le modèle ne prend pas non plus en compte qu'une personne infectée est plus susceptible de rester chez elle après l'apparition des symptômes. Mais il note que la moitié des contaminations viennent de gens qui n'ont pas ou peu de symptômes ou ignorent qu'ils sont infectés, selon des études.