Belgique Si le Comité P ne change pas ses méthodes, les services antiterroristes belges vont subir de très grosses pertes.

Désertion massive en vue au sein de nos unités antiterroristes ? La question est plus que jamais d’actualité. Certaines pointures de la police fédérale pourraient en effet annoncer très prochainement leur départ du navire. Un navire que certains verraient bien couler. Une situation devenue insupportable à gérer, en plus d’une menace terroriste réelle contre laquelle ces policiers spécialisés ne cessent de lutter.

L’origine du malaise ? L’acharnement du Comité P qui, malgré les critiques émises face à ces méthodes discutables, multiplie les convocations des enquêteurs de l’antiterrorisme belge. Pas seulement ceux de la DR3 mais également d’autres membres de la police judiciaire fédérale, liés également aux enquêtes terroristes. Les auditions se répètent et durent des heures. Et ce, au détriment du travail en cours.

Une situation que le libéral Denis Ducarme avait déjà dénoncée dans un courrier adressé au président de la Chambre, Siegfried Bracke. Mais rien n’aurait changé dans les méhodes utilisées par le Comité P. Ferme, le chef de groupe MR à la Chambre avertit dès lors : "Ce sera la dernière fois que je donne l’alerte par rapport à cette situation !". Et le député fédéral d’insister : "Malgré ce qui a été convenu avec le Comité P, il me revient que l’opérationnel ne serait pas privilégié. De multiples heures seraient ainsi consacrées à l’enquête du Comité P plutôt qu’au terrain. Je constate un découragement profond au sein de la police judiciaire fédérale. Et ce, parce que la pression interne est bien plus destructrice que la pression extérieure qu’est la menace terroriste. Cette pression interne nous affaiblit contre Daech", affirme Denis Ducarme, comparant la situation à une "revue de troupe à un moment où les soldats sont en pleine charge".

Une situation qui constituerait une mise en danger de notre niveau de sécurité, estime celui qui fait partie de la commission d’enquête terrorisme. "Si cette tendance se poursuit, nous aurons des départs, sinon en masse, importants au niveau de nos services de lutte contre le terrorisme. Nous perdrons alors de l’expertise et cela constituerait une mise en danger de notre niveau de sécurité. D’ailleurs, les départs anticipés à la retraite au sein de ces services sont bien plus fréquents qu’habituellement", affirme le député fédéral ne remettant pas en cause l’utilité d’un travail d’enquête mais, estime-t-il, "certainement pas dans une logique de chasse aux sorcières".