Les rapports entre le monde politique et les divers experts qui conseillent les autorités publiques dans la lutte contre le coronavirus sont décidément tendus... En voici une nouvelle preuve.

Lundi, une réunion du Comité de concertation, cénacle qui associe les représentants du fédéral et des entités fédérées, a examiné entre autres la question du port des masques. Faut-il ou non étendre l'obligation de les porter dans les magasins ? Bonne question, dont la réponse, forcément nuancée, doit reposer sur un équilibre entre les questions sanitaires, la liberté des citoyens, les besoins de l'économie, la psychologie de la population, etc.

Alors que la discussion avait lieu, le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven), également présent à la réunion, a diffusé son avis personnel sur les réseaux sociaux. "Je suis favorable à ce qu’on rende obligatoire le port du masque dans les centres commerciaux et les magasins", a-t-il déclaré sur Twitter. Il est clair que le masque ‘fortement recommandé’, cela ne fonctionne pas."


Voyant le tweet du virologue connu pour ses prises de positions parfois polémiques, Denis Ducarme (MR), le ministre fédéral des Classes moyennes et des Indépendants, a fortement réagi. Le libéral trouvait particulièrement indélicat que Marc Van Ranst court-circuite de la sorte des discussions sensibles en affichant son point de vue, mettant les décideurs politiques présents devant le fait accompli. "Est-ce que vous voulez que l'on fasse le débat sur Twitter ?", a-t-il lancé au scientifique en plein Comité de concertation. L'agacement du ministre MR était d'autant plus important que le tweet de Marc Van Ranst était déjà cité par des articles publiés sur le web par les médias.

"C'était violent. Van Ranst ne savait plus où se mettre après la remarque de Ducarme", relève une source présente lors de ces discussions. Il a répondu simplement qu'il s'agissait d'une position qu'il avait déjà affichée précédemment. Tous ces experts ont été exposés trop longtemps à la lumière des projecteurs, ça fait tourner les têtes..."

Van Ranst : "Je tweete mon opinion personnelle quand je veux"

Le virologue de la KU Leuven a réagi en soirée, sur Twitter, à l'article de La Libre. Il a tout d'abord signalé : "Je tweete mon opinion personnelle quand je veux". Ensuite, il a ajouté qu'il n'estimait pas avoir été "recadré". Enfin, il a précisé que ce n'est pas lui qui a "audacieusement divulgué des conversations d'une réunion du Comité de consultation à la presse".