Georges-Louis Bouchez avait attendu le dernier moment et, dans une volonté de médiatisation, avait donné rendez-vous sur les réseaux sociaux "entre 9h et 9h30" ce jeudi pour découvrir le casting ministériel du MR. Outre la désignation de Sophie Wilmès, David Clarinval et Mathieu Michel au fédéral, il était question de remplacer Valérie De Bue par Denis Ducarme au gouvernement wallon. Sitôt annoncé, ce changement dans l'exécutif wallon a fait réagir les observateurs avertis, car il enfreignait un décret de 2019 qui impose au moins un tiers de femmes dans le gouvernement régional.

En effet, le compte n'y était plus puisque le gouvernement n'aurait plus compté que deux femmes - Céline Tellier (Ecolo) et Christie Morreale (PS) - sur huit ministres. "Le choix du MR est machiste et surtout illégal", a rapidement pointé le chef de groupe du cdH au Parlement de Wallonie, François Desquesnes. "La décision de dégommer Valérie De Bue pour la remplacer par Denis Ducarme ne cadre pas avec le droit wallon", a-t-il ajouté.

Maxime Prévot, le président du CDH, a lui aussi signalé la bourde de son confrère libéral. "Sauf à me tromper, le casting du MR ne respecterait pas le décret ! Il faut un tiers de femmes au minimum au gouvernement wallon ! Valérie De Bue ne peut donc pas être remplacée par un homme... Allô gouvernance ?", a interpellé le Namurois.


Quant au greffier du Parlement wallon, gardien de la réglementation, il a rappelé que les candidatures des ministres potentiels sont examinées d'un point de vue légal et que, depuis mai 2019, il existe bel et bien une condition supplémentaire liée à une représentativité d'au moins un tiers de femmes et d'hommes au sein de l'exécutif. "Pour l'instant, nous n'avons encore reçu aucune candidature officielle. Mais s'il y a un souci de représentativité, le décret spécial règle le problème en rendant irrecevable la candidature", a-t-il expliqué.

Contraint et forcé, Georges-Louis Bouchez a donc dû revenir sur ses choix. Selon nos informations, Valérie de Bue serait finalement maintenue au gouvernement régional et Denis Ducarme deviendrait chef de groupe à la Chambre. Ces décisions doivent encore être officialisées par la présidence du parti.

Une 2e bourde

La RTBF souligne également une potentielle deuxième erreur de Georges-Louis Bouchez concernant, cette fois-ci, la nomination David Clarinval comme ministre des Affaires institutionnelles. Les réformes institutionnelles doivent être gérées par un vice-Premier ministre et ce n'est pas le cas de David Clarinval puisque c'est Sophie Wilmès qui endosse ce rôle pour le MR.