La minute de silence en mémoire des victimes et sinistrés sera passée inaperçue dans les coins les plus touchés par la catastrophe. Les habitants, trop occupés à déblayer, nettoyer et sauver ce qui peut encore l’être n’ont pas une minute à eux. Si le deuil national, la visite et les paroles réconfortantes du Roi, de la Reine et du Premier ministre leur ont quelque peu réchauffé le cœur, ils sont encore des milliers à se demander de quoi leur avenir sera fait.

Des montagnes de détritus évacuées rappellent combien ces sinistrés sont aujourd’hui démunis. Il reste encore 1 650 foyers privés d’eau potable en Wallonie. L’eau est revenue sur l’ensemble du territoire des communes de Pepinster et de Dison, a indiqué la Société wallonne des eaux. Dans les réseaux concernés par des eaux sales ou troubles, l’eau du robinet ne peut pas être utilisée à des fins alimentaires même bouillie. La SWDE préconise une utilisation limitée aux besoins des sanitaires (WC) et à l’hygiène corporelle si l’eau est légèrement trouble.

Et comme si la situation n’était pas suffisamment dramatique, de nombreuses communes voient les pilleurs s’emparer des maigres affaires qui ont pu être sauvées.

La Croix-Rouge reste bien évidemment mobilisée et fournira deux repas chauds par jour à environ dix mille familles dans la zone sinistrée au cours des semaines et des mois à venir. Il s’agit d’une opération de grande envergure, et la Croix-Rouge teste déjà une distribution gratuite de nourriture dans la commune de Trooz. "La population en a vraiment besoin", déclare Jan Poté de Rode Kruis Vlaanderen. Le bilan reste dramatique avec pas moins de 32 morts et 18 disparus.