Belgique

Les partis de l'opposition, Ecolo et cdH, ont réagi négativement aux plans de la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant qui a émis l'idée samedi de remplacer les trains non rentables par des bus.

"Pour le cdH, il est inacceptable que la SNCB et sa ministre de tutelle envisagent ainsi de sacrifier des zones moins densément peuplées où vivent 40% des wallons. Il s'agit d'un manque de respect pour ces habitants qui seront ainsi confrontés à des problèmes de mobilité pour se rendre sur leur lieu de travail, à l'école, etc. Cette mesure économique va donc clairement à l'encontre de la politique de l'emploi et de la formation", souligne le parti humaniste dans un communiqué.

Le cdH demande dès lors à la ministre MR de "s'expliquer sur ses intentions en matière d'économies à la SNCB, notamment la suppression de lignes de trains".

Ecolo se positionne également contre la proposition de Jacqueline Galant. "Pour Ecolo, ce démantèlement programmé de l'offre ferroviaire et ce transfert de charge de l'Etat fédéral vers les Régions sont absolument inacceptables", a réagi Ecolo sur son site internet.

Les écologistes estiment qu'"offrir des possibilités de mobilité durable, c'est garantir un avenir économique au pays: les coûts des embouteillages sont estimés à près de 7 milliards d'euros par an", précise le parti des verts rappelant que le budget des TEC est déjà "mis sous pression par le gouvernement wallon PS-CDH, qui a annoncé une réduction de 10% de la dotation à l'horizon 2017 et parle déjà d'y supprimer des services après 2015".

"Une très mauvaise idée, déjà expérimentée par le passé"

Le ministre wallon en charge de la Mobilité et des Transports, Carlo Di Antonio, a qualifié de "très mauvaise idée" les plans évoqués samedi par la ministre fédérale Jacqueline Galant de remplacer les trains non rentables par des bus. Il a rappelé que le concept n'était pas neuf et avait "déjà été expérimenté par le passé et ce, sans succès".

En 2011 et 2012, la Société régionale wallonne des Transports (SRWT), l'organisme qui chapeaute les TEC, avait entamé, à la demande de la SNCB et en collaboration avec De Lijn, l'analyse d'une série de tronçons et de lignes identifiées par la SNCB.

"Au terme de cette analyse, il s'est avéré que sur la totalité des tronçons et lignes étudiées, un transfert du train vers le bus ne présentait aucune pertinence au regard des temps de parcours multipliés par deux ou trois", souligne le ministre wallon dans un communiqué diffusé samedi.

Toutefois, la SNCB a demandé à la SWRT de reprendre trois lignes dont la ligne Huy-Waremme. "Les utilisateurs ont alors vu leur temps de parcours augmenter. Après six mois de fonctionnement, la SNCB a mis un terme à ce système."

Carlo Di Antonio a également souhaité rappeler à Jacqueline Galant qu'"à chaque mode de transport correspond des besoins spécifiques".