Faut-il comme en France interdire l’utilisation à l’école du point médian, forme la plus controversée de l’écriture inclusive? Le débat animé chez nos voisins s’est importé en Belgique à l’initiative de la députée Rachel Sobry (MR) qui se positionne également en faveur de son interdiction. “Le ministre français de l’Education Jean-Michel Blanquer a proscrit l’écriture inclusive via une circulaire. D’après lui, cette écriture complexifie encore davantage la langue française, la rendant même illisible pour certains enfants et adultes. Cette manière d’écrire peut avoir un effet néfaste laissant sur la touche les enfants dyslexiques ou étrangers”, a plaidé la députée hier en commission éducation du parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles.

De son côté, la ministre de l’Education Caroline Désir a affirmé que l’écriture inclusive ne pouvait pas se limiter au point médian et a rappelé sa volonté de promouvoir une écriture non sexiste. “Le débat se focalise hélas trop souvent sur l’emploi des doublets abrégés par des points médians ou des barres obliques, technique qui altère la lisibilité des textes. Mais l’écriture inclusive c’est aussi et surtout l’emploi de techniques de rédaction non sexistes comme celles qui consistent à employer systématiquement les règles relatives à la féminisation des noms de métier ou de fonction ou lorsqu’il s’agit de groupes mixtes, celles qui consiste à utiliser des noms épicènes (NDLR noms qui ont la même forme pour les deux genres)”, a-t-elle déclaré

La ministre a par ailleurs affirmé “ne pas avoir de retours en provenance d’écoles lui signalant l’emploi des points médians.”

Mais la députée Rachel Sobry n’entend pas en rester là. Elle envisage en effet de déposer une proposition de résolution allant dans le sens d’une interdiction complète de l’utilisation du point médian ou autre barre oblique à l’école. “Je pense qu’on se trompe de combat en défendant l’écriture inclusive. Il y a d’autres choses à faire pour promouvoir l’égalité et qui ne risquent pas de mettre des enfants en difficulté”, juge-t-elle.