Belgique Une équipe d'une quarantaine d'étudiants bénévoles a conçu une application intuitive afin d'informer les électeurs en vue des futurs scrutins.

Son nom? Civix. Cet outil informatif se dit "non partisan, citoyen, étudiant et entièrement bénévole". Son but? Réconcilier les jeunes et le monde politique. Partant du constat d'un désintérêt accru des (jeunes) citoyens envers le monde politique, ce groupe d'étudiants a décidé d'user d'une arme redoutable: l'information.

L'aventure a donc démarré en novembre 2017 pour l'asbl. À la base du projet, une réflexion autour de plusieurs observations de la vie quotidienne. "Pour beaucoup, la politique c'est un mot assez ennuyeux. En soirée, on ne parle pas de politique car c'est trop compliqué. Plusieurs de mes amis ne savaient pas pour qui voter. Pour d'autres, les scandales à répétition ont provoqué du dégoût", explique Franck-Victor Laurant, membre et président de l'association. Leur leitmotiv? "Donner du sens à ta voix. Ne pas laisser d'autres choisir la politique qui s'imposera à tous."

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Et pourtant, les chiffres sont sans appel. Le taux d'abstention est de 15% à Bruxelles, et 36% des Belges interrogés se sentiraient tout aussi heureux sans droit de vote. Un constat interpellant. "Le scrutin qui arrive est très important pour l'avenir de notre pays et de l'Union européenne. Il faut donner les clés aux jeunes afin qu'ils votent informés. Beaucoup de jeunes s'informent sur les réseaux sociaux, qui sont un nid à fake news", explique le co-fondateur de Civix.

© CIVIX

Comment ça marche?

Le principe est simple: un outil disponible gratuitement sur iOS et sur Android, qui permet de se renseigner sur les grandes lignes des programmes des différents partis et les thématiques privilégiées. "Aujourd'hui, les jeunes sont constamment scotchés à leur téléphone. Nous sommes donc partis du constat que c'était le moyen le plus simple de les éduquer à la politique", ajoute l'étudiant. Le contenu de l'application provient directement des partis politiques, qui peuvent compléter à leur guise. Les futurs électeurs peuvent également poser des questions aux politiques. L'asbl bénéficie de l'appui de politologues qui donnent leur avis sur l'application et sur les contenus, afin de garantir la scientificité des propos exposés. "On ne va pas censurer un contenu, on laisser les partis s'exprimer mais ceux-ci doivent respecter notre charte de valeurs", ajoute Franck-Victor Laurant.

Pour l'heure, l'outil compte 20.000 utilisateurs. Un nombre qui grimpe à chaque nouvelle apparition médiatique. Une grande fierté pour ces étudiants qui ont financé leur outil bénévolement à hauteur de 80%. Le reste du financement provient de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Cocof, notamment.

En vue des élections régionales, fédérales et européennes du 26 mai prochain, Civix espère donc gagner en visibilité. "On sait qu'on aura un impact minime sur les résultats de ces élections 2019, mais on espère en avoir davantage dans 5 ou 10 ans", conclut notre interlocuteur.