Le ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS), participant à un débat au Parlement wallon à propos de la crise de la Covid19 a fait part de ses intentions avant de se rendre à une réunion avec le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld). Il a ainsi précisé qu'il plaiderait pour "un confinement le plus élargi possible". Il a assuré qu'il demanderait au Comité de concertation de ce vendredi d'aller "le plus loin possible dans le reconfinement".

"Dans un monde idéal, il eut été préférable de communiquer ensemble. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal et nous avons assumé pleinement nos responsabilités", a ajouté le ministre-président wallon avant de quitter le parlement régional pour participer à une réunion, prévue mercredi midi, avec le fédéral et les autres entités fédérées.

"Si de nouvelles mesures s'imposent, il faut les prendre en veillant à la cohésion nationale si c'est possible, mais sans elle s'il le faut", a abondé le chef de groupe Ecolo au parlement wallon, Stéphane Hazée. "Il faut néanmoins veiller à garder un équilibre dans la société, veiller à la santé mentale, à un minimum de contact contre l'isolement, à préserver les enfants et les personnes vulnérables", a-t-il ajouté.

"Sans diluer nos responsabilités, nous avons chacun une responsabilité individuelle", a pour sa part souligné le chef de file socialiste au sein de l'assemblée régionale, André Frédéric, en évoquant "le soutien appuyé de son groupe au gouvernement pour les mesures qu'il prendra".

"Nous ne pouvons pas faire l'impasse sur une auto-critique", a de son côté estimé la députée MR Diana Nikolic alors que le chef de groupe libéral, Jean-Paul Wahl, a appelé à "la plus grande union possible" face à l'ampleur de la crise.

"La critique est aisée mais l'art est difficile", a d'ailleurs reconnu le chef de groupe du cdH au Parlement de Wallonie, François Desquesnes. Pour sortir de la critique stérile et "comprendre pourquoi on en est arrivé là", les humanistes ont avancé plusieurs propositions, dont un "restaffing dans la gestion des contacts". "Des moyens doivent être alloués à cette fin à l'Aviq", a souligné M. Desquesnes en plaidant également pour l'octroi automatique d'aides aux entreprises qui ont déjà été identifiées et pour la mise en place d'un mécanisme d'assurance à destination du secteur événementiel.

"Nous demandons en outre que soit soumis au parlement un décret sur l'état d'urgence sanitaire, ce qui nous permettrait de fonctionner malgré les aléas du covid sans à chaque fois devoir bricoler autour des pouvoirs spéciaux." Ces derniers devraient à nouveau être votés, pour un mois, dans l'après-midi, a poursuivi le chef de file humaniste.

"Nous réclamons enfin un plan de gestion de la crise à 12 mois avec une vision pour l'ensemble des secteurs", a-t-il encore indiqué.

Dans les rangs de l'opposition toujours, le PTB a quant à lui vivement dénoncé le "chaos" des décisions prises ces dernières semaines. "Si les gens n'adhèrent pas aux mesures, ça ne fonctionnera pas. Mais comment peuvent-ils adhérer dans un tel chaos, avec des décisions différentes entre les Régions? Nous devons gérer la crise au niveau fédéral", a asséné le chef de file de l'extrême gauche, Germain Mugemangango.

Quant aux hôpitaux, "s'ils saturent, c'est aussi parce que la première ligne n'a pas su être la digue pour contenir la circulation du virus. C'est la responsabilité du gouvernement wallon de ne pas avoir su soutenir cette première ligne", a-t-il ajouté.