Ce mardi, le Québec a annoncé, par le Premier ministre québécois François Legault, qu'une taxe allait être mise en place pour les adultes qui refusent de se faire vacciner contre le Covid-19 sans raison médicale. La province francophone du Canada est fortement touchée par la vague Omicron.

La logique québécoise est assez simple: les 10% de la population qui n'ont reçu à ce jour aucune dose de vaccin ne doivent pas nuire aux 90% qui se font vacciner. "Ce n’est pas à l’ensemble des Québécois de payer", a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse en évoquant un "fardeau financier pour tous les Québécois".

François Legault a également ajouté que le montant de cette "contribution santé" devait être "significatif". Cette taxe ne risque-t-elle pas de fracturer encore un peu plus notre société? Une chose est certaine, elle se situe exactement dans la lignée des propos d'Emmanuel Macron qui avait déclaré vouloir "emmerder jusqu'au bout" ceux qui n'étaient pas vaccinés. "Je comprends et je sens cette grogne à l’égard de la minorité non vaccinée qui vient, toutes proportions gardées, engorger nos hôpitaux", a encore ajouté François Legault.

La Belgique doit-elle taxer les personnes non vaccinées, comme au Québec ?

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Oui, elles représentent un trop lourd fardeau pour notre société 35,8%
Non, c'est discriminatoire 64,2%

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Pour autant, une telle taxe est-elle probable en Belgique? Dans les faits tout est possible. Car dans d'autres pays, cette fracture est déjà bien apparente. Au Québec encore, les commerces non essentiels, comme ceux qui vendent du cannabis et de l'alcool, sont interdits aux non-vaccinés. L'Autriche et l'Italie ont obligé leur population de plus de 50 ans à se vacciner également. Tandis que Singapour ne prend plus en charge les frais médicaux des malades contaminés par le virus ayant refusé de se faire vacciner.

Des solutions drastiques qui avaient fait bondir Marius Gilbert début décembre sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL."On va dire aux fumeurs et aux gens qui boivent trop de payer leurs soins ? Et à celui qui a roulé trop vite sur l’autoroute qu’il n’a pas le droit aux soins intensifs ? C’est quoi la limite ?", s'était interrogé le vice-recteur et chercheur en épidémiologie à l'ULB. "Tout le monde a le droit de se faire soigner dans notre société", a-t-il ajouté.

Sur Twitter, Emmanuel André est revenu sur la mesure québécoise. "Dans une logique de justice, le Québec va imposer une taxe aux personnes qui refusent le vaccin sans raison médicale valable. Car le coût sanitaire de leur déni ne peut être imposé au reste de la société." Par cette phrase, le microbiologiste se montre plutôt favorable à l'égard de cette nouvelle taxe.