"Une cinquième vague va s’enchaîner, on peut déjà le dire. Elle a d’ailleurs déjà largement commencé mais elle n’est pas encore visible en termes de contaminations totales", a averti le microbiologiste Emmanuel André. "On a la vague Delta qui diminue très fort de jour en jour et la vague Omicron qui augmente très fort. Aujourd’hui, sur le nombre total d’infections, on observe encore une baisse mais, dans les prochains jours, les chiffres totaux vont recommencer à augmenter. Ça va aller très vite, ce variant est extrêmement contagieux. Chaque personne va contaminer plusieurs autres personnes autour de lui, c’est une exponentielle extrêmement rapide qui va se produire", explique-t-il.

Cette accélération importante des contaminations serait attendue pour le début du mois de janvier, voire même pour la période entre Noël et Nouvel An, selon Emmanuel André. "Ce qui va créer une certaine tension, c’est évidemment l’impact de cette énorme vague de contaminations sur les hospitalisations. Il y aura inévitablement un délai qui est difficile à appréhender. Car dans les premiers jours d’une vague, on se dit qu'il n’y a pas d’hospitalisations, donc on peut laisser aller. Mais d’après ce qu’on observe dans d’autres pays, il faut quand même continuer à faire attention". Ainsi, "la fermeture des écoles cette semaine qui était prévue pour la vague Delta tombe extrêmement bien pour la vague Omicron. Cela permet de refroidir le phénomène car on sait que les contacts vont augmenter avec les fêtes de fin d'année. Cela aide à compenser ce qui est en train de se passer".

C'est dans ce contexte et en connaissance de cause que le Comité de concertation devra prendre de nouvelles mesures en ce jour pour limiter au maximum cette potentielle progression du virus. L'ancien porte-parole interfédéral prône notamment un déploiement rapide de la dose booster du vaccin pour réduire l'impact de la sévérité de ces nouvelles infections. Néanmoins des interrogations persistent. Comment se préparer à cette cinquième vague ? "On sait que les contaminations vont considérablement augmenter mais il y a encore pas mal d'incertitudes dans la manière dont les hôpitaux vont être remplis. Néanmoins, on sait que lorsqu'il y a un temps de dédoublement de quelques jours dans les infections, on va demander à un médecin généraliste de doubler tous les deux jours son niveau d'activité et ça c'est impossible. Si on ne se prépare pas à s'adapter et à prioriser, cela sera intenable et ce sera pareil dans les centres de testing", a mis en garde le microbiologiste de la KU Leuven.