L'an dernier, au début de la pandémie de coronavirus, le gouvernement fédéral avait souhaité mettre en place, par précaution, un système de "super laboratoires" qui avaient pour objectif de réaliser un nombre important de tests de dépistage au Covid-19.

Pour rendre possible cette capacité de tests en Belgique, 720.000 euros par mois, ou 8.64 millions d'euros par an, avaient été octroyés par le gouvernement. Il était prévu qu'au moins 2.000 tests quotidiens soient réalisés. Il ressort cependant que ce chiffre a rarement été atteint dans la réalité. Les laboratoires mis en cause auraient ainsi perçus 19,7 millions d'euros de compensation pour des tests jamais réalisés.

A la tête des laboratoires concernés, plusieurs experts. C'est notamment le cas de Emmanuel André (UZ Leuven), qui a décidé de réagir par l'intermédiaire de son compte Twitter.

"Quel système de santé voulons-nous ?"

Suite à cette polémique, le chercheur a décidé d'apporter des précisions à propos de ce financement et s'est défendu de tout "enrichissement personnel".


"L’État Belge a en effet demandé durant la crise à la majorité des laboratoires universitaires de développer une capacité de tests qui pourrait faire face aux projections les plus pessimistes. Un système de type 'assurantiel' où il fallait être prêt en permanence pour le pire", détaille-t-il. "Il a donc été demandé à ces laboratoires d'être 'prêts' à réaliser un très grand nombre de tests supplémentaires. Et, un peu comme quand on souscrit à une assurance, il y a eu un coût lié au fait que ces laboratoires devaient rester en 'état d'alerte'", se justifie Emmanuel André.


"Ce système devait être réévalué. Et cela a été le cas. Le financement de cette 'assurance" a été revu à la baisse. Car le risque a diminué grâce à la vaccination', ajoute-t-il.


"Quel système de santé voulons-nous ? Un système de santé davantage orienté vers la prévention et la gestion du risque, ou un système de santé orienté vers une surconsommation des actes 'curatifs'?, interroge le chercheur de l'UZ Leuven, en guise de conclusion.