Les porte-paroles interfédéraux dans la lutte contre le Covid-19 l'ont confirmé ce matin : le variant Omicron gagne du terrain en Belgique, comme dans le reste de l'Europe. Il pourrait même devenir dominant dans notre pays d'ici janvier ou février, a précisé Yves Van Laethem.

Sur Twitter, le microbiologiste Emmanuel André s'est étonné du manque d'anticipation face à cette situation pourtant prévisible.

"Il y a tellement de mutations clés dans Omicron qui avaient déjà été décrites dans des variants précédents que je ne comprends pas comment cela se fait que les entreprises pharmaceutiques n'aient pas encore préparé des vaccins qui auraient une meilleure efficacité", a-t-il déclaré. "C'est un manque d'anticipation évident et ça coûtera des vies".


L'importance de la dose booster

Plus tôt dans la journée, l'expert s'est étendu sur les dernières informations concernant ce nouveau variant. "Il se caractérise par un grand nombre de mutations "stratégiques". Il accumule les mutations des autres variants (...) Ces mutations ont comme conséquence que les anticorps développés contre le virus initial et les variants successifs sont peu efficaces. On est donc mal protégés si on a déjà fait l'infection." Selon l'expert, les schémas vaccinaux classiques s'avèrent insuffisants pour offrir une protection importante. Cependant, les personnes "super-immunes" - c'est-à-dire ayant obtenu 2 doses et ayant été infectées ou ayant obtenu leur dose de rappel - seront mieux protégées. "Même si là encore il ne faut pas s'attendre à des miracles", nuance-t-il.


Niko Speybroek, professeur de santé publique à l'UCLouvain, partage le même constat concernant l'efficacité des vaccins. "Une étude montre que les anticorps du vaccin "Pfizer" neutralisent moins bien Omicron", explique-t-il également sur Twitter. "La protection semble plus forte chez les personnes infectées avant d'être vaccinées : 3 doses pourraient donc offrir une meilleure protection contre Omicron". Selon lui, un vaccin adapté sera nécessaire si Omicron venait à devenir dominant en Belgique. Cependant, une 3e dose permettrait de gagner du temps.


En termes de contagiosité du nouveau variant cependant, les deux experts ne sont pas tout à fait sur la même longueur d'onde. Niko Speybroeck estime qu'il est encore trop tôt pour se prononcer alors qu'Emmanuel André affirme qu'il est très contagieux et deviendra dominant dans les prochaines semaines. "Ce variant va donc pousser le nombre d'infections vers le haut. Beaucoup de personnes seront infectées. Et il y aura donc plus que probablement une augmentation de personnes hospitalisées après quelques semaines", prédit le microbiologiste.

© AFP