L'interdiction reste en vigueur parce que la plaignante n'a pas su démontrer l'urgence de la question, selon le Conseil d'État. Fin janvier, les gouvernements réunis au sein du Comité de concertation avaient décidé que les voyages non essentiels à l'étranger seraient interdits jusqu'au 1er mars pour les personnes ayant leur résidence principale en Belgique. L'interdiction, qui s'applique également aux personnes qui veulent se rendre à leur seconde résidence, a ensuite été prolongée jusqu'au 1er avril.

Une propriétaire d'une résidence secondaire en France, Martine Sorel, s'est alors adressée au Conseil d'État avec une demande de suspension. Le Conseil d'État a rejeté cette demande parce qu'il estime que la plaignante n'avait pas suffisamment démontré l'urgence de la question. Le Conseil d'État ne peut intervenir que si le demandeur démontre un "préjudice grave, voire irréparable". Ce qui n'était pas le cas ici, a estimé le Conseil d'État.

Ce dernier a donc rejeté la demande, sans examiner l'illégalité éventuelle de l'affaire.

Le Conseil d'État se prononcera ultérieurement sur une autre demande de suspension de la Tweres, l'association des propriétaires de résidences secondaires.

Le Conseil d'État ne donne pas raison aux parcs d'attractions et aux centres de bien-être

La fermeture des parcs d'attractions et des centres de bien-être est maintenue jusqu'au 1er avril. Le Conseil d'État a rejeté jeudi les tentatives de plusieurs parcs d'attractions et de centres de bien-être visant à annuler la fermeture imposée par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Ils n'ont pas suffisamment démontré l'extrême urgence de la question, selon le Conseil d'État. Des parcs d'attractions tels que Bellewaerde, Bobbejaanland, Baudouin Park, Plopsa, Sea Life et Walibi avaient introduit un recours au Conseil d'État parce qu'ils se sentaient lésés par les décisions du Comité de concertation de fermer les parcs d'attractions au moins jusqu'au 1er avril. "Nous ne comprenons pas pourquoi les parcs animaliers sont autorisés à ouvrir et pas les parcs d'attractions. Nous espérions une égalité de traitement", avait déclaré Steve Van den Kerkhof, CEO du groupe Plopsa.

Mais leur recours en vue d'obtenir la suspension de la fermeture en "extrême urgence" a été rejetée jeudi. Selon le Conseil d'État, les parcs d'attractions n'ont pas suffisamment étayé les raisons pour lesquelles leur cas serait si urgent. Ils ont signalé des pertes de revenus et même une possible faillite, mais cela n'a pas suffi au Conseil d'État. "En règle générale, un préjudice financier et économique ne justifie pas l'urgence - et encore moins l'extrême urgence - à moins que les parties requérantes puissent démontrer concrètement qu'elles se trouvent dans une situation tellement grave qu'elles ne peuvent attendre l'issue normale de la procédure de suspension", a estimé le Conseil d'Etat.

Dans un second arrêt, le Conseil d'État a suivi le même raisonnement en rejetant une demande de suspension de deux centres de bien-être contre la fermeture obligatoire d'installations de bien-être et de saunas publics et privés.