Depuis 2014, la masse en circulation a pratiquement doublé chaque année avant de s'essouffler légèrement en 2021. Ardoise, Brawette, Carol'Or, Val'heureux... Les monnaies locales citoyennes (MLC) sont des bons de soutien à l'économie locale dont le fonctionnement s'apparente à des moyens de paiements alternatifs comme les chèques repas. Leur utilisation se concentre sur une région donnée et elles sont gérées par des groupes de citoyens et citoyennes "qui décident de se réapproprier l'outil monétaire au bénéfice de l'intérêt général à un niveau local", explique Financité dans son rapport.

Les monnaies citoyennes circulent actuellement dans 213 communes belges francophones, soit trois quarts des localités - même si certaines communes présentent une densité de prestataires plus importante que d'autres.

Les secteurs les plus représentés parmi les prestataires qui acceptent les MLC sont de loin le commerce de détail, qui représente quasiment la moitié des prestataires, suivi de l'alimentation et du commerce de gros.

Depuis 2014, la masse de MLC en circulation a doublé chaque année. Elle a fortement augmenté en 2020, car les pouvoirs publics ont eu recours aux monnaies citoyennes pour soutenir les commerces de proximité et relancer la consommation locale en pleine crise sanitaire. En 2021, par contre, on note une baisse de la masse en circulation, même si les chiffres restent bien au-dessus de ceux de 2019, avant la pandémie de coronavirus.

"Les deux dernières années ont été très rudes pour toutes les dynamiques collectives dont les groupes de monnaie citoyenne. Le commerce de proximité souffre toujours et les collectifs connaissent un ralentissement inédit dont certains ne se remettront peut-être pas", admettent toutefois les auteurs du rapport. "En ce printemps 2022, les énergies reviennent et la vie collective reprend mais de toute évidence, on ne reviendra pas au monde d'avant."

L'année 2020 a également été marquée par le passage à l'électronique de plusieurs monnaies locales en complément aux billets papier. Cela a permis de faciliter leur utilisation et de s'adresser à un public plus jeune, souligne Financité.