Belgique Le 9 décembre, cela fera un an que le gouvernement belge est en affaires courantes. Des pistes de sortie de crise sont évoquées.

La question est lancinante : quand aurons-nous un gouvernement fédéral ?

En l’état, le PS se trouve dans une position relativement confortable. Le temps qui passe ne semble pas lui poser de problème politique majeur. Rudy Demotte a accepté un rôle compliqué de préformateur. Le parti a arrêté de proférer des exclusives, bien conscient que, paradoxalement, s’il veut éventuellement y arriver, il ne faut pas le dire. Le PS pourrait-il gouverner avec la N-VA ? À condition d’obtenir des avancées décisives sur des dossiers sociaux phares tels que la pension à 1 500 €, les soins de santé, la SNCB ou encore la TVA sur l’électricité. Des conditions sine qua non pour vendre l’accord aux militants dans un congrès.

Côté N-VA, si l’objectif confédéraliste reste évident, la stratégie l’est moins. Bart De Wever ambitionne d’occuper tout l’espace entre le Vlaams Belang et la gauche flamande. En devenant le nouveau parti pivot, il serait en position de force pour forcer une nouvelle réforme de l’État et réaliser le confédéralisme.

Un affaiblissement structurel du CD&V le rapprocherait de cet objectif. Mais l’étape suivante pour les cinq prochaines années n’apparaît pas avec clarté.

On ne doit certainement pas s’attendre à un gouvernement en 2019. Ensuite ? En décembre, le gouvernement sera en affaires courantes depuis un an… Si la situation n’évolue pas, la piste d’un gouvernement provisoire, voire d’une "suédoise" soutenue de l’extérieur, pourrait être mise en avant au top des partis, au PS notamment. Il serait doté de pouvoirs entiers, mais avec un programme politique limité.

Avec quels candidats pour le 16 ? Une piste logique mènerait à un Premier ministre socialiste flamand. Mais la faiblesse électorale du SP.A et le déficit de personnalités fortes rendent ce scénario improbable. Deux candidats crédibles subsistent pour occuper le poste de Premier ministre : Alexander De Croo (Open VLD), qui devrait pour cela réaliser de grosses concessions en termes politiques (à la Guy Verhofstadt, nous glisse-t-on), et Koen Geens (CD&V), dans un profil plus neutre et technicien, à l’Herman Van Rompuy.