Ce 23 septembre, le Roi a chargé Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open VLD) de former un gouvernement. Les deux hommes ont accepté la mission et remettront leur rapport le 28 septembre. "Nous nous mobiliserons pleinement avec les sept partis à la négociation, afin de doter enfin notre pays d’un gouvernement fédéral stable et solide", ont-ils fait savoir dans un communiqué commun. Une mission de taille avec sept partis à la table des négociations ( PS, SP.A, Open VLD, MR, Ecolo, Groen et CD&V) et de réels enjeux comme notamment une économie plus forte et stable et la crise climatique. Une question de taille subsiste également: qui deviendra Premier ministre? Nous dirigeons-nous vers de nouvelles semaines remplies de vives tensions ?

Paul Magnette et Alexander De Croo sont présentés, dans la presse francophone, comme un nouvel espoir pour la formation tant attendue d'un gouvernement fédéral. Mais, après les tensions des derniers jours, la réussite n'est pas encore garantie. Dans son édito, si l'Echo fait part d'un soulagement en affirmant que les deux hommes se sont trouvés, le quotidien fait aussi mention d'un équipage bigarré, qui trouvera de nombreuses occasions de se prendre la tête. Il souligne néanmoins l'équilibre (encore précaire) trouvé entre chaque parti, avec une tendance dans un premier temps au vert qui s'est déplacée au centre. Mais ce qui retient l'attention du quotidien financier, c'est la demande des libéraux de ne pas augmenter la pression fiscale globale pendant cette législature. Une bonne chose selon le quotidien, puisque "la machine à impôts fonctionne déjà à plein régime en Belgique et parce que la qualité des services fournis n’est pas à la hauteur des dépenses engagées."

"Une médiocrité rarement égalée"

Chez Le Soir, on "respire" et on souligne le fait que pour une fois ce sont des sujets qui nous concernent tous qui ont été mis sur la table: lutte contre le covid, pension, budget, fiscalité ou encore environnement, un soulagement ! Mais le quotidien n'enterre pas la hache de guerre pour autant et garde à l'esprit "le spectacle de ces derniers jours d'une médiocrité rarement égalée". Le Soir appelle à ce que ce dernier serve d'exemple à ne pas suivre pour la suite des négociations. Les querelles pour savoir qui de Paul Magnette ou Alexander De Croo deviendra Premier ministre ne devront pas prendre le pas sur la recherche de stabilité, essentielle à notre pays. Si la formation Vivaldi est pleine d'espoir, le journal souligne qu'il ne faut pas oublier que pour la première fois en cinquante ans, ce gouvernement n'aura pas de majorité en Flandre, "les deux premiers partis du Nord qu'on les aime ou pas, sont exclus de toute représentation gouvernementale."

Du côté de La Libre Belgique, on épingle un progrès, une crainte et un espoir . Car malgré cet accord presque miraculeux qui a réussi à être trouvé, ce dernier ne s'est pas fait sans peine. Il a été obtenu dans "la douleur" et laissera des traces sur les futures négociations. Le plus dur à présent, réussir à "marier l'eau et le feu" pour obtenir un gouvernement le plus homogène possible et parvenir à diriger comme il se doit notre pays. Pour y parvenir et faire ses preuves, la Vivaldi aura besoin de motivation, de faire abstraction de la peur et de miser sur des grandes personnalités pour mener sa barque sans couler. Tout comme les autres quotidien, on rappelle les enjeux actuels: des défis sanitaires, économiques, sociaux, environnementaux, pour que le Belge puisse prospérer.