"Nous devrions arrêter de râler", avait estimé ce dimanche 28 février Erika Vlieghe sur le plateau de "De Zevende Dag". L'infectiologue (UAntwerp) avait ainsi argué que, si la crise était bel et bien très difficile, le répéter constamment n'aidait personne. "Je ne veux en aucune manière nier à quel point c'est très lourd pour tout le monde et certainement pour toute une série de groupes, comme beaucoup de gens à risque ou nos jeunes, c'est incontestable", avait-elle affirmé, avant d'expliquer qu'elle imprimerait sur son pull le fait que se plaindre ne servait à rien. Les propos de la présidente du GEMS, le groupe d'experts qui conseille le gouvernement, n'avaient pas manqué de faire réagir la Toile. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait par ailleurs immédiatement répliqué sur Twitter. "Râler est une des dernières libertés qui n'a pas été réduite", avait-il répondu à Mme Vlieghe.

Face à l'ampleur prise par la controverse, l'infectiologue a rédigé une lettre ouverte ce mardi 2 mars publiée par nos confrères de De Morgen , dans laquelle elle a présenté ses excuses aux personnes qu'elle a pu blesser. "J'ai reçu une tempête de réponses disparates, des insultes grossières au soutien ouvert. Cela m'a fait réfléchir, car ceux qui me connaissent un peu savent que je ne suis pas la plus grande provocatrice du pays, mais que j'essaie de dire les choses en toute honnêteté, et je réfléchis généralement attentivement avant de parler", a écrit Erika Vlieghe. "Peut-être que j'aurais dû choisir différemment mes mots pour mieux exprimer ce que je voulais dire." 

Dans son viseur ? Le flot de critiques incessant   

L'experte a donc décidé de réexpliquer le fond de sa pensée. Ainsi, ce qu'elle visait surtout, c'était les nombreuses critiques émises quotidiennement à l'égard de la gestion de la crise, de la vaccination, du testing, du tracing, des masques, des chiffres..."Bien sûr, il doit y avoir une réflexion critique, la liberté d'expression est une de nos libertés les plus importantes", a-t-elle continué dans la lettre publiée par De Morgen . "(...) Mais ce flot de négativité met à mal la résilience dont nous avons cruellement besoin pour nous maintenir à flot. Le filtre négatif à travers lequel nous regardons les choses nous empêche de plus en plus de voir ce que nous avons besoin de voir."

Elle n'en reconnaît pas moins que "beaucoup de choses auraient pu être mieux faites". "De nombreuses personnes y travaillent, pour que toute fonctionne mieux, plus vite et plus efficacement", a ajouté Mme Vlieghe, expliquant qu'il était difficile pour ces personnes de continuer à avancer face au flot de critiques constant. C'est pourquoi elle a terminé sa lettre en invitant (une nouvelle fois) tous ceux qui souhaitent aller rapidement de l'avant à moins se plaindre "pour ne pas perdre trop d'énergie en cours de route".  

"Nous devrions arrêter de râler", dixit Erika Vlieghe: trouvez-vous que les Belges râlent trop ?

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