Belgique

L'homme politique (N-VA) est soupçonné d'avoir favorisé une escort-girl qu'il fréquentait afin qu'elle perçoive des indemnités destinées à compenser la perte d'un emploi en cas de fermeture d'entreprise. C'est du moins ce que P-Magazine affirme. Kris Van Dijck vient d'annoncer sa démission !

Sale temps pour Kris van Dijck. Le président (N-VA) du Parlement flamand, une semaine après avoir provoqué un accident en état d'ivresse, a été contraint de quitter précipitamment l'hôtel de ville de Bruxelles, jeudi, après son discours officiel pour la Fête de la Communauté flamande.

C'est que le site web de P-Magazine, organe de presse people flamand, venait tout juste de lâcher une bombe : un article l'accusant d'avoir aidé une escort-girl qu'il fréquentait à obtenir une indemnisation pour travailleur licencié en cas de fermeture d'entreprise.

"Suske, n'envoye pas trop à cette adresse"

Selon P-Magazine, Van Dijck aurait aidé à accompagner Lynn courant 2014, lui permettant ainsi de toucher 5.239 € de la part du fonds FSO (Fonds à la Fermeture d'Entreprise flamand). Ce fonds peut, en effet, dans certains cas, indemniser les employés si l'entreprise pour laquelle ils travaillaient fait faillite. Bémol : la société en question aurait été créée très peu de temps à peine avant sa faillite...

P-Magazine va jusqu'à publier les courriels privés, accablants si avérés, échangés entre Van Dijck et l'escort-girl : "Suske, j'ai reçu ton courrier à mon adresse yahoo, mais je ne peux pas l'ouvrir depuis le parlement. Je viens d'avoir Kris Peeters sur la ligne, je peux lui fournir les données complètes. N'envoye pas trop à cette adresse ... mon employé lit parfois mes mails." Dans un autre échange, un peu plus tard, Kris Van Dijck confirme à Lynn que le dossier est réglé, et requiert encore sa toute grande discrétion : "J'ai envoyé le dossier à K.P. (Kris Peeters, alors Ministre de l'Emploi, NdlR) Garde cet e-mail pour toi, ne le montre à personne, pas même à un avocat"

Le président du Parlement flamand et bourgmestre de Dessel n'a pas tenu à commenter l'affaire. Interrogée, la N-VA se réfugiait elle aussi dans le silence, dans l'attente de pouvoir vérifier ces allégations."Nous allons d'abord examiner tous les faits", a déclaré Pol Van Den Driessche, responsable de la communication.

Van Dijck avait déjà fait les gros titres de la presse la semaine dernière après avoir embouti, en état d'ivresse, une remorque avec la voiture qu'il conduisait. L'homme avait présenté des excuses et promis de reverser son indemnité parlementaire à un fonds d'indemnisation des victimes de la route. Il avait présenté un taux de 1,4 pour mille d’alcool dans le sang lorsqu’il est entré en collision avec une remorque. Un taux qui pourrait en réalité être bien plus élevé : le parquet d’Anvers a confirmé hier que l’éthylotest n’a été réalisé qu’après l’arrivée sur place des policiers de la zone Geel-Laakdal-Meerhout. Deux heures et demie après l'accident.

L'ancien ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD & V), mis en cause de manière collatérale dans cette affaire, ne souhaite à ce stade pas faire de commentaires. Il a néanmoins fait savoir que son administration était à la recherche du fameux courriel évoqué par P-Magazine. Selon P-magazine, Van Dijck aurait demandé à Peeters en 2014 d'aider une escorte avec un bénéfice. Selon Peeters, son ancienne administration est toujours à la recherche du courrier électronique en question.

Kris Van Dijck, s'il ne s'est pas exprimé sur le fond de l'affaire, vient d'annoncer qu'il démissionnait de son poste de président du Parlement flamand. Le politique NVA a déclaré "n'avoir jamais rien fait qui aille contre la loi. Ceux qui me connaissent un peu le savent bien. Les allégations d'aujourd'hui sont totalement fausses". C'est Filip Dewinter (Vlaams Belang) qui devient président du Parlement Flamand.