Les données communiquées par Sciensano sur l'épidémie de coronavirus en Belgique tendent à se stabiliser ces derniers jours. C'est ce qu'ont indiqué les experts, ce mercredi 26 août, soulignant toutefois qu'à Bruxelles le nombre de contaminations continuait de grimper. Mais qu'en est-il, ce vendredi 28 août ? Frédérique Jacobs (porte-parole interfédérale), Steven Van Gucht (porte-parole interfédéral), Antoine Iseux (porte-parole du Centre de crise) et Yves Stevens (porte-parole du Centre de crise) mettent en lumière les dernières tendances observées dans notre pays.

La semaine dernière, la moyenne de contaminations s'élève à 477 cas par jour. Il s'agit d'une baisse par rapport à la semaine précédente, qui provient des diminutions observées à Liège et à Anvers. Par contre, à Bruxelles, l'augmentation se poursuit. "C'est là qu'on observe le plus grand nombre de cas, avec 126 nouvelles contaminations la semaine dernière (une augmentation de 8% par rapport à la semaine précédente)", a souligné Frédérique Jacobs. Une augmentation des moyennes hebdomadaires est constatée dans le Hainaut, le Brabant wallon, le Brabant flamand et le Limbourg. Pour ce qui est des admissions à l'hôpital, la tendance à la baisse observée ces derniers jours se confirme. A Bruxelles et Anvers, les hospitalisations continuent de diminuer, contrairement à ce qui est observé dans le Hainaut et dans le Brabant flamand. Enfin, une moyenne de six décès par jour a été observée la semaine dernière.

 

Covid et grippe

La porte-parole interfédérale est passée ensuite à un sujet qu'elle a jugé essentiel à l'approche de l'automne: la grippe et le vaccin qui permet de mieux s'en prémunir. "Le virus de la grippe et celui du Covid causent tous les deux des complications sévères dans le même groupe de patients fragilisés (soit par un âge avancé, soit par des comorbidités)", a expliqué Mme Jacobs. "Un des problèmes est que les signes et symptômes sont tout à fait indistinguables sur le plan clinique et seul un test permet de faire la différence. Un autre problème est que l'on ne connaît toujours pas l'impact d'une infection double, c'est-à-dire grippe et coronavirus en même temps. Ces infections vont-elles se renforcer mutuellement avec des conséquences néfastes sur le patient? Nous ne le savons pas actuellement. Mais il est préférable de ne pas courir ce risque et de le limiter autant que possible." C'est pourquoi les experts ont particulièrement recommandé que les personnes à risque se fassent vacciner cette année contre la grippe.

Un autre problème se présente. En effet, au moment de l'épidémie de grippe, les admissions à l'hôpital sont nombreuses et les centres de soins sont souvent saturés. "Si, dans cette situation déjà compliquée, les hôpitaux doivent admettre de nombreux patients atteints du Covid, la situation peut rapidement devenir difficile", a averti la porte-parole interfédérale. "C'est pourquoi il est crucial de vacciner le plus largement possible les personnes faisant partie des groupes à risque afin d'éviter de surcharger le système de soins de santé et d'arriver à une situation de saturation encore plus importante dans les hôpitaux. Nous insistons également pour que le personnel des centres de soins de santé se fassent vacciner."


Une vaccination en deux phases

Cette année, la Belgique dispose de 2,9 millions de doses du vaccin. C'est un demi-million de plus que l'année précédente. Le groupe de travail coordonné par l'agence fédérale des médicaments a choisi de vacciner en deux phases. "Lors de la première phase qui aura lieu du 15 septembre au 15 novembre 2020, les vaccins seront délivrés uniquement aux groupes cibles prioritaires. Il s'agit des personnes à risque de complications, notamment les femmes enceintes, toute personne de 65 ans et plus, tout patient présentant une infection chronique sous-jacente, les personnes séjournant en institution et les enfants sous thérapie à l'aspirine au long cours. Les personnes habitant avec l'un de ces membres des groupes à risque seront également prioritaires", a détaillé Mme Jacobs. "Les familles ayant des enfants de moins de six mois devront aussi être vaccinées. Le personnel du secteur de la santé fait également partie des groupes à risque. Enfin, les personnes âgées de 50 à 64 ans seront tout autant prioritaires." A partir du 15 novembre 2020, commencera la deuxième phase. En fonction de la disponibilité des vaccins, leur délivrance pourra être élargie au reste de la population.

Il est recommandé de vacciner entre mi-octobre et mi-décembre. "Nous expliquons cela par l'immunité qui est optimale un à trois mois après la vaccination", a détaillé Mme Jacobs.

La porte-parole interfédérale a balayé l'idée selon laquelle le vaccin pourrait être à l'origine d'une contamination. "C'est impossible que le vaccin transmette la grippe, car il ne contient que quelques fragments morts du virus", a-t-elle expliqué.


Espagne VS Belgique

Mme Jacobs a finalement évoqué les différences entre l'Espagne, où le port du masque est obligatoire à partir de 6 ans, et la Belgique, où la mesure ne s'applique qu'aux enfants de 12 ans et plus. "Il y a deux raisons pour lesquelles nous n'avons pas en Belgique imposé le masque pour les enfants de moins de 12 ans. La première, c'est qu'un masque doit être correctement utilisé. C'est déjà difficile de l'expliquer aux adultes et donc on s'est dit que ce serait encore plus compliqué pour les enfants, avec un risque de mauvaise utilisation. Nous voulions éviter un faux sentiment de sécurité. La deuxième raison, c'est qu'on a pu montrer que, même si les enfants sont porteurs du virus au niveau naso-pharyngé en quantité parfois équivalente aux adultes, ils transmettent moins le Covid que les adultes."

Cette conférence de presse devrait être la dernière de Frédérique Jacobs puisqu'Yves Van Laethem fera son retour dès lundi.