Belgique

nnIl s'appelle Kerua et il sort aujourd'hui

BRUXELLES Urban Trad avait pris le risque de ne sortir son album, Kerua, qu'au lendemain de l'Eurovision: ce lundi!

Finalement, ce coup de poker risque de rapporter gros. Et maintenant qu'on les connaît beaucoup mieux, grâce à leur performance de samedi soir, il faut dire que cet album risque de surprendre encore plus.

Ceux qui attendent d'Urban Trad des envolées de violons et de cornemuses avec quelques chants joyeux dans la lignée de la tradition celtique, seront surpris d'apprendre que l'album commence par une guitare électrique bien sentie. Où les chants - non pas des deux filles, mais des trois puisque Soetkin, l'exclue, revient - entrent en fondus, dans un climat que les fans de Pink Floyd vont adorer.

Ce premier titre, Mecanix Remix, amène beaucoup plus dans l'univers du pop rock que dans celui du folk pur et dur (si toutefois l'expression peut s'appliquer au folk). Et ce malgré un refrain à l'accordéon qui est une véritable bourrée à l'irlandaise.

C'est le but avoué d'Yves Barbieux: «Pratiquer la musique traditionnelle, certainement, mais en lui apportant des sons plus modernes».

Illustration avec le deuxième titre, Kerua, qui est encore plus bourrée (si l'on peut dire) que le premier, mais qui est marqué par une rythmique bien sentie. Les amoureux de folk trouveront certainement leur compte dans des titres comme Lampang (un instrumental dominé par les flûtes d'Yves). Tout de suite après, c'est une guitare acoustique qui lance Berim Dance. Get reel contient même des effets électroniques. Disque de contrastes, mais toujours de bonne humeur.

Sanomi, la chanson de l'Eurovision, s'y trouve deux fois. Telle que vous l'avez entendue samedi. Mais aussi dans une version un peu plus longue (une minute de plus).

L'album se partage entre titres instrumentaux et airs chantés dans le même langage imaginaire: «C'est facile! On échappe aux codes et aux règles de grammaire. On recherche simplement les sons qui collent le mieux à la musique et à l'atmosphère».

Quant à mémoriser ces textes, Yves Barbieux s'en sort avec une pirouette: «Ça, il faut le demander aux chanteuses».

© La Dernière Heure 2003