Le châtelain de Horion veut lancer son auto écolo

HORION-HOZÉMONT Encore un inventeur fou? Ce serait mal connaître Eugène Deketelaere.

Comme tous les passionnés, il ne pense qu'à une chose: concevoir, mettre au point, construire. Quoi? `Oh! La voiture n'est que ma 19e invention´ rit le châtelain aux cheveux blancs. L'antidérapant des gommes de pneus, c'est lui. La pierre synthétique Zircor, aussi. Et l'ancien ingénieur n'a pas encore dit son dernier mot. `A 80 ans, je ne suis pas gaga, alors j'en profite!´ lance-t-il en riant. Mais, quand il s'agit d'intérêt public, il ne plaisante plus.

Dans une lettre ouverte, adressée aux journaux et au secrétariat des ministres, il s'insurge contre les hydrocarbures polluants et rappelle qu'il a inventé une voiture qui, elle, ne l'est pas du tout.

Le concepteur assure: `Il n'existe aucun moteur, récupérateur d'énergie, comme le mien. C'est un ensemble, une microcentrale hydro-hélio-voltaïque´. Ce moteur thermique fonctionne à l'hydrogène. Silencieux, propre, et non polluant, il présente aussi l'avantage de réutiliser ses résidus énergétiques. La voiture, ainsi équipée, peut rouler pendant 5 heures en moyenne. Et ce n'est pas un moteur de trottinette puisqu'il peut atteindre les 120 km/h. Eugène Deketelaere, qui l'a bien sûr testé, précise: `Toutes les voitures peuvent en être équipées´.

Ecologique, le procédé est aussi économique. Mais, pour qu'il soit exploité par les constructeurs automobiles, il faut que les utilisateurs puissent facilement faire le plein d'hydrogène.

C'est là que le bât blesse et qu'Eugène s'indigne: `Je réclame de l'Etat qu'il incite à placer des dépôts de bouteilles dans les stations-service. Au moins une sur dix. C'est faisable, car tous les 50 km, il y a une ville possédant un dépôt d'hydrogène.´

Châtelain et créateur d'une usine à Tertres, il jure qu'il n'a pas besoin d'argent. `Je ne suis pas philanthrope, mais ça me fait mal de voir tant de pollution´ explique celui qui souhaite que `les gens prennent conscience qu'on meurt à petit feu.´

Tout est prêt, selon lui, pour commercialiser son moteur. Il a fabriqué une vingtaine de prototypes depuis que son brevet a été déposé en 98. `Des actionnaires et des financeurs m'attendent´ confesse l'ancien chef d'entreprise. Selon lui, des constructeurs sont aussi intéressés par son moteur qui permettrait de relancer certaines minivoitures qui n'ont rien de spécial hormis leur taille. Des sociétés de transport en commun seraient aussi sur le coup.

Mais Eugène Deketelaere est décidé: `Je ne bougerai pas tant qu'il n'y aura pas de stations de ravitaillement en hydrogène bouteilles, liquide ou hydrure...´