Des actions syndicales ont lieu un peu partout sur les places publiques, devant les sièges des antennes de l’Onem, des CPAS de Wallonie et de Bruxelles ce lundi. Menées en front commun (FGTB, CGSLB…), ces actions sont liées à l’éviction d’environ 50.000 chômeurs de leurs droits aux allocations d’insertion. La FGTB note ainsi que les Wallons vont très chèrement payer les réformes du chômage mises en place par le gouvernement Di Rupo (voir infographie) car c’est là que l’on compte le plus d’allocataires d’insertion et de chômeurs de longue durée. D’après le syndicat, 32.000 Wallons seront exclus des allocations d’insertion au 1er janvier prochain.

Le réseau des Tec et de la SNCB pourrait d’ailleurs être perturbé ce lundi. Même si le syndicat libéral se démarque de l’initiative. "Des perturbations sont à attendre dans les bus ce lundi. Cela n’avait jamais été prévu dans les actions discutées en commun. Nous considérons que cela n’est pas raisonnable", avance la CGSLB. "Nous sommes dans une dynamique de sensibilisation des responsables politiques communaux sur un sujet totalement étranger à la réalité des transports en commun. Il nous apparaît que créer des désagréments à la population n’apportera rien au combat à mener au profit des demandeurs d’emploi" concernés. La CGLSB ne couvrira ni n’indemnisera ses affiliés prenant part aux actions Tec menées ce lundi.

L’ampleur des actions varie selon les secteurs. La société des transports en commun wallons prévoit des perturbations dans les régions de Liège-Verviers, Charleroi et, dans une moindre mesure, du Hainaut et du Brabant wallon. En région de Namur-Luxembourg, par contre, certaines lignes ne rouleront pas demain. Toutes les infos sur www.infotec.be.


Près d'un millier de personnes à Bruxelles

A l'appel des syndicats FGTB, CSC et CGSLB en front commun syndical, de collectifs de chômeurs et de mouvements associatifs bruxellois, au moins 600 manifestants, selon le premier comptage de la police, se sont rassemblés lundi midi devant le bureau de l'ONEM, situé place Marcel Broodthaers, à Saint-Gilles. 

Ils revendiquent le retrait des mesures chômage prises au cours de cette législature. Le mot d'ordre est "Pas de sanction sans la proposition d'un vrai emploi". Près d'un millier de personnes sont attendues, selon Philippe Van Muylder, secrétaire général FGTB Bruxelles. "On a construit l'Etat social dans notre pays pour ensuite le transformer en Etat social actif, c'est-à-dire que les chômeurs ont dû prouver leurs recherches actives d'emploi. On passe aujourd'hui à un Etat social exclusif, même ceux qui prouvent leurs démarches peuvent être exclus." Il estime qu'il s'agit là d'une mesure plus idéologique que budgétaire. "Le gouvernement voulait donner un premier coup de canif dans la durée illimitée du chômage."


Charleroi: un tiers environ des bus attendus n'est pas sorti

Un tiers environ des bus attendus lundi matin sur le réseau des TEC Charleroi n'est pas sorti, a indiqué lundi matin la porte-parole de la filiale de la SRWT. Les trams en revanche ne sont quasiment pas touchés par l'action lancée par la FGTB. Cette proportion de deux tiers des bus sortis pourrait toutefois être légèrement modifiée à l'heure de pointe au moment où les services coupés, qui viennent en renfort des services réguliers doivent sortir, a précisé la porte-parole.

Le réseau du TEC Charleroi compte trois dépôts centraux.


Quelque 500 manifestants dans les rues de Tournai

A l'appel de la FGTB de la Wallonie picarde, une manifestation pour protester contre l'exclusion des chômeurs est en cours dans les rues de Tournai. Selon la police de Tournai, le cortège se compose d'environ 500 personnes. Une délégation remettra un dossier à la présidente du CPAS, puis au bourgmestre ff de Tournai. Avec une demi-heure de retard sur l'horaire prévu, la manifestation de la FGTB du Hainaut occidental (Wallonie picarde) a démarré vers 10h des nouveaux locaux du syndicat socialiste, rue Morel à Tournai. Le cortège s'est d'abord rendu jusqu'aux proches bâtiments de l'ONEM où des représentants de la FGTB ont rencontré la directrice de l'Office national de l'emploi. Après avoir traversé le boulevard Eisenhower, les manifestants ont emprunté le passage sous voies de la gare de Tournai afin de rallier la place Crombez. C'est dans ce tunnel que la police procédera au comptage précis du nombre de manifestants.

Les forces de l'ordre estimaient à 10h la présence de 500 personnes. Après avoir traversé les principales rues de Tournai, le cortège se rendra à la rue de la Citadelle où une délégation rencontrera Rita Leclercq, présidente du CPAS.

Les manifestants se rendront vers midi à l'hôtel de ville de Tournai où ils seront reçus par Paul-Olivier Delannois, bourgmestre faisant fonction. Un dossier sera remis aux autorités de la ville et du CPAS. Un dossier similaire sera envoyé aux bourgmestres des 24 entités de Wallonie picarde.

Selon la FGTB, quelque 3.000 allocataires d'insertion sont menacés d'exclusion en Hainaut occidental. La dislocation de la manifestation est prévue vers 13h00. Entretemps, la circulation risque d'être difficile dans les rues de Tournai. Une quarantaine de policiers assurent l'encadrement des manifestants.


La FGTB Liège entend rappeler les drames humains derrière les statistiques

La FGTB Liège-Huy-Waremme attendait 600 militants lundi place Saint-Paul, à l'occasion de son action de sensibilisation menée contre l'exclusion des chômeurs. En région liégeoise, le syndicat socialiste estime que 9.000 personnes sont concernées par la nouvelle mesure qui prendra effet le 1er janvier 2015. De Renory au Val-Benoît en passant par les Guillemins ou le Sart-Tilman, de larges banderoles ont été posées lundi par la FGTB à toutes les entrées de Liège avec partout ce même message: "Bientôt 55.000 chômeurs exclus, à quand une politique pour l'emploi? "

Un message que l'on retrouvait également lors du rassemblement organisé place Saint-Paul dès 09h30, avec d'autres slogans comme "Je ne suis pas une statistique, je suis votre voisin".

Selon le syndicat socialiste, pas moins de 9.000 personnes habitant la région liégeoise devraient être exclues du chômage dès le 1er janvier 2015, parmi lesquels environ 5.500 de ses affiliés. "On balance des chiffres, mais nous voulons rappeler que derrière, il y a des situations humaines terribles", affirme Jean-François Ramquet, secrétaire régional FGTB Liège-Huy-Waremme.

"Une grande majorité des personnes concernées par cette mesure ont travaillé toute leur vie, mais dans des métiers à temps partiel ou des emplois précaires, et elles vont être exclues parce qu'elles ne pourront pas les cumuler et justifier une activité", critique-t-il.

Place Saint-Paul, Jean-François Ramquet et Marc Goblet, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme, ont chacun prononcé un discours, puis une scénographie a mis en scène des militants masqués et numérotés.

À Liège, l'action menée par la FGTB n'a pas eu d'importantes conséquences sur les transports en commun. En début de matinée, le TEC Liège-Verviers estimait que 5% des services au départ du dépôt de Robermon était perturbés. Autre effet secondaire de la journée d'actions: la Cité administrative de Liège est fermée toute la journée.