Belgique 15, 16 et 20 octobre 2015, il était dans la planque d’Etterbeek.

Youssef El Ajmi, le 8e suspect arrêté vendredi dans l’enquête sur les attentats du 22 mars, travaillait à l’aéroport de Zaventem. Selon son avocat, il nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Employé au catering, ce qui lui donnait un accès direct aux avions sur le tarmac, El Ajmi avait déjà été interpellé après les attentats mais très vire remis en liberté parce qu’il avait un alibi : il n’était physiquement pas présent à Zaventem le 22 mars mais était couvert depuis trois jours par un certificat médical délivré à l’AZ Vub (Jette), consécutif à un accident sportif (football). Est-ce l’indice qu’il savait parfaitement depuis trois jours ce qui se préparait ? En tout cas, son casier judiciaire était vierge.

Et ce 8e suspect des attentats de Bruxelles n’a pas dû être appréhendé par les Unités spéciales : il s’est présenté de lui-même à la police fédérale qui l’avait convoqué jeudi à 16 h. Et Youssef était là. C’est un ami de jeunesse du kamikaze de Maelbeek, Khalid El Bakraoui, et d’un autre suspect arrêté il y a 15 jours, Ali El Haddad Asufi, qu’il est soupçonné d’avoir rencontré à plusieurs reprises, notamment dans l’appartement d’Etterbeek où l’attaque du métro a été préparée.

Selon nos infos, la police a la preuve qu’El Ajmi y a été vu les 15, 16 et 20 octobre 2015 (des photos le montrent descendant des poubelles, NdlR), mais c’est loin avant les attentats.

Sur son ordinateur, des messages provenant d’une clé USB de Khalid El Bakraoui ont été trouvés. Ces messages rappellent que des vols vers les États-Unis, la Russie et Israël décollent tous les mardis depuis Zaventem. Les trois terroristes de Zaventem devaient se faire exploser dans les files pour les vols vers ces destinations. Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui l’ont fait tandis qu’Abrini, l’homme au chapeau, a pris la fuite en abandonnant sa charge explosive. L’ordi d’El Ajmi contenait aussi un message d’octobre 2015 stipulant qu’"un de nos frères passera à l’action le 22 mars 2016". Ce message éclaire d’un jour nouveau les dires d’Abrini, selon lequel la cellule, qui voulait frapper une seconde fois en France, s’est rabattue sur Bruxelles, prise de court après l’arrestation trois jours plus tôt à Molenbeek de Salah Abdeslam.

Né le 4 août 1985, de nationalité belge, El Ajmi est sous mandat d’arrêt pour participation aux activités d’un groupe terroriste, assassinats et tentatives d’assassinats dans un contexte terroriste, comme auteur, coauteur ou complice.

Youssef El Ajmi comparaîtra en début de semaine devant la chambre du conseil de Bruxelles, qui devra se prononcer sur son maintien en détention.