Le litre d'essence est presque revenu à son niveau de janvier 2000

BRUXELLES `Tout le monde crie lorsque les prix pétroliers augmentent mais personne ne remarque qu'ils sont en baisse constante depuis un mois´, lâche sur un ton mi-humoristique, mi-colérique, un responsable de la Fédération pétrolière belge.

Depuis le 22 novembre dernier, le gasoil de chauffage a enregistré effectivement onze modifications de prix: dix diminutions successives et une seule hausse ce jeudi 21 décembre. Voici un mois, il vous en coûtait 19,94 F/L (pour une commande de minimum 2.000 litres) pour remplir votre réservoir. Aujourd'hui, le prix maximum est de 14,85 F/L.

Le prix de l'essence a, quant à lui, diminué à cinq reprises en l'espace d'un mois. Le litre de super sans plomb 95 ron (l'essence la plus utilisée par les automobilistes) est passée ainsi de 44,10 F le 23 novembre à 40,60 F (depuis le 12 décembre). L'essence revient quasiment à son prix du début de l'année où le litre de super sans plomb 95 ron était de 40,20 F (prix du 25 janvier 2000).

Le diesel a lui aussi joué au yo-yo comme le souligne notre graphique. Au début de l'année, le litre de gasoil routier à la pompe vous coûtait 30,90 F (prix du 25 janvier 2000). Il a grimpé jusqu'à 38 F le 22 novembre pour redescendre à 32,70 F (prix en vigueur depuis le 19 décembre).

Cours du dollar en baisse

Comment expliquer ces fluctuations? Les communiqués officiels émanant de l'Administration de l'énergie expliquent que ces hausses ou ces baisses de prix sont `la conséquence de la hausse (ou de la baisse) des cotations des produits pétroliers sur les marchés internationaux.´ C'est vrai mais il y a d'autres raisons.

`Nous pouvons avancer trois explications´, analyse Gaëtan van de Werve, secrétaire général de la Fédération pétrolière belge. `Sur le marché des cotations, on constate en effet depuis un mois une forte diminution du prix du pétrole brut ( NdrL: baril de pétrole Brent ). Il est passé de 33 dollars à 25 dollars en un mois. Cette chute s'explique par la hausse de production décidée par les pays exportateurs de pétrole.´

`La seconde explication est liée à la chute du cours du dollar ces dernières semaines et à la hausse de celui de l'euro. Enfin, les conditions météorologiques sont aussi favorables. L'hiver est assez doux. Conséquence: la demande de certains produits pétroliers, je pense notamment au gasoil de chauffage, est bien inférieure à la demande.´