Les Pays-Bas s'apprêtent à renforcer leurs mesures sanitaires, jusqu'à peut être instaurer un confinement strict, afin de contenir l'épidémie de coronavirus et en particulier le variant Omicron. Chez nous, le virologue Marc Van Ranst estime qu'il faudrait également resserrer la vis.

Un nouveau Comité de concertation est prévu le 22 décembre en Belgique. "Peut-être que nous devrons être encore plus stricts. Le gouvernement devrait en décider", a-t-il jugé au micro de VTM Nieuws ce samedi.

Si les indicateurs commencent à amorcer une baisse, le variant Omicron inquiète. Selon plusieurs experts, à l'instar du biostatisticien Geert Molenberghs, il devrait devenir dominant d'ici la fin de l'année. "Nous nous dirigeons vers une domination d'Omicron entre Noël et le Nouvel An", a-t-il assuré à nos confrères de HLN. Le scientifique de l'Université d'Anvers explique que cette nouvelle souche, plus virulente, représentait 3% des nouveaux cas lundi, un pourcentage qui double tous les deux à trois jours.

Selon le microbiologiste Emmanuel André, elle représente désormais 10% des nouvelles infections en Belgique depuis vendredi soir.

"Ça va vite. Un doublement tous les 2,5 jours signifie une multiplication par huit en une semaine", a précisé Geert Molenberghs. "Nous serons à 64 % dans une semaine", c'est-à-dire pour Noël. Si, par contre, le variant Delta est en train de diminuer, il faut encore poursuivre les efforts indique le biostatisticien. "Les chiffres ont déjà considérablement baissé - ils restent cependant élevés, donc même sans Omicron, nous dirions qu'il faut tenir encore un peu", a-t-il jugé.

Mais l'expert a aussi souligné les "bonnes nouvelles du côté des unités de soins intensifs", où le nombre de patients continue de diminuer. "Nous devons donc libérer les services de soins intensifs le plus rapidement possible, car même si l'Omicron est un peu moins pathogène, la propagation très rapide pourrait conduire beaucoup de personnes à l'hôpital", a-t-il cependant averti.

À ce stade, "un relâchement des mesures n'est pas à l'ordre du jour et des mesures plus strictes ne sont pas à exclure", a insisté Molenberghs, aussi membre du GEMS, à l'approche du prochain Codeco. Le variant Omicron peut être encore contenu à condition d'administrer rapidement la dose booster et d'au moins maintenir les mesures actuelles. "Il faut limiter nos contacts, y compris privés. Se réunir avec 50 personnes à la maison juste parce que c'est autorisé n'est pas une bonne idée", a-t-il martelé.

Du côté du gouvernement, les recommandations semblent être entendues. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a déjà déclaré a plusieurs reprises que des assouplissements pour les fêtes n'étaient pas envisageables.