Tandis que les décisions du Comité de concertation tombent au compte-gouttes , certains experts de la santé ont déjà réagi à certaines mesures qu'ils ne voient pas d'un très bon œil. "Je serais moins inquiet si nous nous projetions un peu plus loin, l'été sera une période de transition. J'ai l'impression qu'on veut aller trop vite', a commenté Steven Van Gucht auprès de nos confrères de Het Nieuwsblad.

Quant au biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven/UAntwerp), ce n'est pas tant le timing qui le dérange que le fait qu'on fixe des dates sans les conditionner à une amélioration de la situation épidémiologique. "Il y a encore une grande partie de la population qui n'est pas vaccinée", a-t-il mis en garde à l'antenne de la VRT. "Il est donc important que les assouplissements envisagés ne soient pas seulement liés à un calendrier, mais également à des conditions épidémiologiques." Rappelant que le virus n'avait pas disparu, M. Molenberghs a insisté sur la nécessité d'évaluer à chaque instant si la prochaine étape peut être franchie. "Si la situation se détériore, cela peut aller très vite."

Concernant la vaccination, Steven Van Gucht a quant à lui rappelé que même si, d'ici l'été, une grande partie de la population aura eu l'occasion de recevoir sa première dose, il n'en reste pas moins qu'elle n'est pas pour autant tout à fait protégée.

"Nous pouvons rouvrir l'Horeca de façon sûre", a estimé quant à lui M. Van Ranst. Mais il a estimé qu'il y avait une chose très importante, "la plus importante": la ventilation. Le virologue  de la KU Leuven estime en outre que le seuil de maximum 500 lits en soins intensifs occupés par des patients Covid pour les mesures de déconfinement cet été n'est pas très ambitieux. "S'il y a encore 500 personnes dans les unités de soins intensifs, alors l'organisation de grands événements n'est pas une bonne idée", a-t-il estimé sur VTM Nieuws. Le virologue remarque que ce seuil est fixé comme condition pour le premier paquet de mesures d'assouplissement en juin et qu'il restera en vigueur par la suite, sans être modifié.

Pour atteindre l'immunité collective, Marc Van Ranst souligne qu'il serait mieux d'atteindre un taux de vaccination de 80% face à l'émergence des nouveaux variants.