BRUXELLES Un juge d’instruction bruxellois effectue depuis mardi une perquisition au siège de l’avionneur européen Airbus à Toulouse (sud-ouest de la France) dans le cadre d’une enquête sur la faillite de la Sabena, a-t-on annoncé mercredi de source judiciaire belge.
Le juge Jean-Claude Van Espen "se trouve à Toulouse pour auditionner des personnes responsables de malversations éventuelles lors d’achats d’Airbus par la Sabena", a déclaré à la presse le porte-parole du parquet de Bruxelles, Jos Colpin.
La justice belge a été saisie de plusieurs plaintes, déposées notamment par d’anciens employés de la compagnie aérienne belge, pour abus de bien sociaux, escroquerie et faillite frauduleuse, a rappelé M.
Colpin.
"M. Van Espen m’a dit qu’il avait besoin de trois jours et qu’il rentrerait à Bruxelles vendredi. Il est trop tôt pour savoir si ces perquisitions ont donné des résultats", a ajouté le porte-parole du parquet.
Selon le quotidien belge Le Soir, les enquêteurs "cherchent notamment à comprendre pourquoi, en novembre 1997, la Sabena a subitement décidé de commander 34 Airbus alors qu’elle ne prévoyait pas d’en acquérir plus de 17. Ils veulent s’assurer qu’aucune commission illicite n’ait été versée à l’occasion de cet achat".
L’achat de ces Airbus, sous la pression de Swissair, alors actionnaire à 49% de la Sabena, a précipité la faillite en novembre 2001 de la compagnie aérienne belge, qui était considérée comme un des derniers symboles de l’unité du pays.

Quelques heures avant le dépôt de bilan de l’entreprise, le juge Van Espen avait saisi une camionnette bourrée de documents qui s’apprêtait à quitter le siège de la Sabena à l’aéroport de Bruxelles.
Sur le plan politique, une commission d’enquête parlementaire est chargée depuis plusieurs mois d’examiner les circonstances qui ont conduit à la faillite de la Sabena et de déterminer les éventuelles responsabilités.
Dans les prochaines semaines, les députés entendront les anciens responsables belges de la compagnie. Ils devraient ensuite procéder à l’audition des administrateurs suisses de la Sabena et de responsables politiques belges, dont le Premier ministre Guy Verhofstadt, a indiqué cette semaine la Chambre des Représentants.