Belgique L’interdiction de drapeaux flamingants au festival, après les menaces visant Anuna De Wever, a déclenché une tempête politique.

Ce week-end de festival était censé se dérouler dans une ambiance bon enfant. Le Pukkelpop, à Hasselt, aura finalement été le théâtre d’un fait divers, d’une polémique sur fond de nationalisme, puis de manifestations identitaires.

Point de départ: l’activiste climatique Anuna De Wever et ses amies ont été importunées dans la nuit de jeudi à vendredi, puis menacées de mort par plusieurs festivaliers porteurs de drapeaux frappés du lion noir flamand. Elles ont dû bénéficier d’une protection renforcée pour la suite du festival. "De jeunes hommes les ont menacées de mort, bombardées avec des bouteilles remplies d’urine et détruit leur tente", a indiqué sur Twitter une journaliste de Knack, mère d’une jeune femme qui accompagnait Anuna De Wever.

La jeune activiste avait fait une apparition surprise jeudi soir, pensant faire participer le public présent à l’action "Clap for Climate". Elle a été huée par une partie de l’assemblée.

Dans la foulée de ces évènements, les organisateurs du festival ont pris une décision qui a fait grand bruit en Flandre : retirer les drapeaux flamingants, symbole du mouvement flamand, des campings du festival. Les réactions n’ont pas tardé. La décision a été critiquée par le président du Vlaams Belang.

"Aucun drapeau flamand n’a été retiré mais bien le drapeau flamingant, symbole de la collaboration, qui n’a pas sa place ici", a réagi le Pukkelpop.

Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, a de son côté exigé des excuses publiques samedi de la part de l’organisateur du Pukkelpop, Chokri Mahassine. "Votre organisation est en train de me criminaliser ainsi que d’innombrables Flamands en nous liant au régime nazi", a-t-il écrit dans une lettre ouverte sur Facebook.

De jeunes militants du Vlaams Belang ont distribué, samedi midi, des drapeaux flamingants à l’entrée du festival.

Face à la pression , les organisateurs du Pukkelpop ont tenu à s’excuser pour "les malentendus qui auraient pu naître après le retrait des drapeaux sur le site du camping du festival". Ils sortaient alors d’une rencontre avec le bourgmestre de Hasselt Steven Vandeput (N-VA).

Les excuses n’ont pas suffi à éteindre la polémique, révélatrice du bouillonement politique et identitaire qui a cours en Flandre et n’est pas sans influence sur la politique fédérale. "Le vlaams strijdvlag (NdlR : drapeau noir et jaune utilisé par le mouvement flamand), un drapeau de collaboration ? Le Congo a été colonisé sous le drapeau belge", a lâché Theo Francken, ex-secrétaire d’État à la Migration sur le plateau de VTM ce dimanche . "Des choses terribles se sont passées là-bas. Le drapeau belge serait donc un drapeau de colonisation ?"