Après le britannique, c'est le variant brésilien qui commence à être sous le feu des projecteurs. Si l’apparition de variants est un processus naturel dans le développement d'un virus, la variation brésilienne du Covid-19, P1, est suspectée d'être plus contagieuse et dangereuse.

En Belgique, les premiers cas ont été déclarés début février, mais le P1 ne cause pas de problèmes à ce stade. "On est très content en Belgique, le variant brésilien concerne moins de 3% des cas depuis des semaines", se réjouit Yves Van Laethem auprès de La Libre. Dans le Royaume, c'est avant tout le variant britannique qui domine, suivi du variant sud-africain "qui représente 5 à 6 % des cas mais le brésilien ne décolle pas. Je ne sais pas si ça restera le cas, mais c'est un point très favorable", explique le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

"On est très pauvres en données"

Mais le problème, c'est qu'il s'agit du seul variant pour lequel on ne dispose pas trop d'informations, fait savoir Yves Van Laethem, qui s'étonne que même l'OMS ne dispose pas suffisamment d'indications sur le sujet. "Il y a un certain nombre de données sur le fait qu'il soit plus résistant aux anticorps liés à la vaccination. Mais il n'y a pas de vraies études cliniques", précise l'infectiologue. Comme le variant sud-africain, le brésilien porte une mutation E484K, suspectée d'amoindrir l'immunité acquise soit par une infection passée (avec donc une possibilité accrue de réinfection), soit par les vaccins.

Pour Yves Van Laethem,"il faudrait rapidement produire plus de données, pour le Brésil et aussi pour le reste du monde". Alors que le Brésil est le deuxième pays au monde le plus endeuillé par la pandémie, avec 353.137 morts, l'Europe commence à s'inquiéter du P1. Le Portugal et le Royaume-Uni ont décidé de stopper les vols en provenance du pays, et la France a renforcé ses contrôles dans les aéroports pour les voyageurs venant du Brésil, alors que le variant représente 4 % des cas. Faut-il faire de même en Belgique ?

Si le pays est épargné pour l'instant, "on n'est pas à l'abri" de voir le variant brésilien se propager, prévient Yves Van Laethem. "La question va se poser lorsque l'on va rouvrir nos frontières. Que faut-il faire ? Quid de l'Amérique du Sud ?", s'interroge l'expert. "C'est un variant dont on a vraiment envie de limiter l'arrivée en tout cas"

"Les variants brésiliens retrouvés en Belgique proviennent de contaminations intra-familiales, où des personnes en provenance du Brésil sont venues retrouver leur famille. Il y a une vigilance minimum à avoir vis-à -vis des gens venant de ces zones. Mais ce variant peut arriver du monde entier. On a eu des cas de variants anglais qui sont arrivés de Dubaï à l'époque", précise-t-il.