Belgique Le bourgmestre tennoodois Emir Kir (PS) déplore que le nord et le sud du pays aient coupé le dialogue avec les fidèles musulmans.

Depuis quelques mois, les parlements flamands et wallons ont approuvé l’interdiction d’abattage d’animaux sans étourdissement préalable au nord et au sud du pays à partir de 2019. Une mesure prise officiellement avec le souci du bien-être animal et qui concernera au final surtout les abattages rituels juifs et musulmans. Du côté de la Région bruxelloise, l’actuelle majorité n’a pas encore tranché la question d’une interdiction définitive, le CD&V s’affichant pour, le PS étant plus divisé sur le sujet. Alors que les musulmans célébreront ce vendredi 1er septembre la fête du sacrifice, le député-bourgmestre Emir Kir (PS) déplore les instrumentalisations politiques faites au nord et sud du pays sur la question.

Dans quel contexte aura lieu la fête du sacrifice ce vendredi ?

"Cette année est évidemment marquée par les décisions d’interdiction au nord et au sud du pays. Par contre, Bruxelles maintient un dialogue avec la communauté. Je m’en félicite ! On est cette année dans une date un peu charnière. Il y a encore des gens qui sont à l’étranger et qui célébreront la fête là-bas. À Saint-Josse, les mosquées ont marqué la volonté de faire une grande fête dédiée à la fête du sacrifice et aux valeurs de partage, solidarité et dialogue."

Vous déplorez ces interdictions en Flandre et Wallonie ?

"Je pense qu’il y a un contexte anti-musulman et que certains au niveau politique en profitent pour faire croire que les musulmans sont moins sensibles au bien-être animal que d’autres. Il y a une instrumentalisation qui est faite à des fins politiques. Le bien-être animal est évidemment une préoccupation importante pour les communautés juives et musulmanes !"

Une instrumentalisation ?

"Le dialogue a été rompu. C’est terrible. Tous ces débats ont commencé au nord du pays avec la N-VA, avant de prendre de l’ampleur. Je rappelle en tout cas que la religion est un droit constitutionnel. Je ne suis pas certain donc que ces interdictions soient légales. Des recours d’associations musulmanes ont été introduits et on verra à quoi cela aboutit."

Une interdiction à Bruxelles pourrait bientôt suivre, non ?

"Non, Bruxelles ne suit pas ce schéma. Il y a une volonté de dialogue avec les communautés musulmanes et juives. Je salue d’ailleurs la volonté de dialogue de Vervoort ( PS et ministre-Président bruxellois) et Debaets (CD&V et secrétaire d’État au Bien-être animal) ."

Mais quelle solution proposez-vous ?

"Idéalement, une initiative des deux communautés devrait voir le jour et recevoir le soutien de la Région."