Ils ont convergé depuis la gare centrale jusqu'au pied de la tour des Finances, sur boulevard du Botanique. Un cercueil flanqué du logo d'Engie, accompagné d'un manifestant représentant la mort et brandissant une faux marquée des logos d'Ecolo/Groen, a été installé devant l'entrée. Sur les pancartes brandies par les participants, on pouvait lire: "Fier de produire 50% de l'électricité belge" et "Le nucléaire n'est pas un frein aux énergies renouvelables". Les manifestants contestent la fermeture programmée des centrales nucléaires en 2025 et craignent un "désastre social et énergétique". Ils ont tenu à se faire entendre, alors même que la ministre doit remettre mardi à ses collègues du gouvernement un rapport sur la sécurité d'approvisionnement énergétique du pays et le prix de l'énergie après la sortie du nucléaire. Une première réunion sur le sujet, en comité ministériel restreint, est programmée vendredi.

Si une sortie totale du nucléaire était actée pour l'horizon 2025, les syndicats présents sur place estiment que cette décision irait à l'encontre de l'accord de gouvernement qui prévoit notamment une "sécurité de l'approvisionnement énergétique" et "le maintien d'un prix abordable pour les ménages et les entreprises".

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"Nous demandons simplement à la ministre de respecter l'accord de gouvernement. Cette volonté de fermer à tout prix le nucléaire est un mélange de folie idéologique des écologistes et d'incompétence des politiques en matière énergétique", déplore Olivier Streel, syndicaliste et travailleur de la centrale de Tihange.

Plusieurs dizaines de cadres d'Engie étaient également venus crier leur colère. "On ne comprend pas les arguments antinucléaires et les clichés qu'on entend un peu partout. Si on ferme toutes les centrales, on va vers un désastre social, énergétique et environnemental", estime Arnaud Poulain, représentant des cadres employés à Tihange.

Les syndicats espéraient être reçus ce mardi par le cabinet de la ministre de l'Energie. La rencontre a cependant été reportée. Elle sera organisée en présence du ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne, et de la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden.

Les syndicats réclament de pouvoir participer au débat sur la sortie du nucléaire et souhaitent que les résultats du rapport sur la sécurité d'approvisionnement énergétique du pays et le prix de l'énergie après la sortie du nucléaire soient rendus publics.