1) Qu'est-ce qu'un autotest et comment fonctionne-t-il?

Ce sont des tests antigéniques rapides qui permettent de prévenir d'une éventuelle contamination au coronavirus. Il s'agit d'un coton-tige qui doit être inséré dans le nez mais qui est plus petit que ceux du test PCR classique. L'utilisateur pourra donc utiliser plus facilement cet outil. Ensuite, il faudra placer la tige dans un tube avec du liquide et mettre quelques gouttes sur une plaque d'essai. Après quinze minutes, vous obtenez un résultat positif ou négatif.

2) Le test est-il fiable?

Clairement, ces tests sont moins fiables qu'un PCR classique car ils détectent moins certaines protéines virales.

A priori, son taux de fiabilité serait de 80% au départ. S'il s'avère négatif, cela ne signifie donc pas à 100% que vous n'êtes pas infecté. Cinq à sept jours après l'apparition des symptômes, ce taux augmente à 90%.

Sur Bel RTL, Jean-Christophe Goffard, médecin qui dirige les unités Covid-19 de l'hôpital Erasme à Bruxelles a expliqué qu'il faudrait également nuancer les résultats. "Ce n'est pas un passeport pour l'immunité, et tout dépend aussi du niveau de l'épidémie : quand beaucoup de cas circulent, un test négatif est moins fiable que quand il y a moins de cas."

3) Que faire en cas de test positif?

Jean-Christophe Goffard a également voulu prévenir la population. "Une sensibilité à 100% est nécessaire pour exclure une maladie. Malheureusement, quand on est symptomatique, ça ne permet pas d'avoir des contacts en étant à l'aise. Dès qu'on a des symptômes, on devra tout de même s'isoler." En cas de test positif, le malade devra également voir son médecin puis se faire tester par un PCR classique plus fiable. Et ensuite s'isoler pendant le temps de la maladie.

4) Où se procurer ce test ?

Au début, les tests ne seront disponibles qu'en pharmacie. Tout comme en France mais à la différence de l'Allemagne, qui vend ses autotests également dans les supermarchés. L'avantage pour le consommateur est qu'il pourra bénéficier de l'expertise d'un pharmacien afin d'expliquer la procédure. Ils seront disponibles pendant un mois minimum. Après cela, le gouvernement effectuera un état des lieux pour voir l'utilité de cette nouvelle stratégie.

5) Qui peut utiliser ces tests?

Tout le monde. Une maman peut insérer le coton-tige à son enfant comme une personne plus âgée peut facilement se tester soi-même.

6) Quelle est l'utilité de ces tests?

Actuellement, pas grand-chose. Ils seront certainement utiles pour les personnes qui ne peuvent pas télétravailler. Ou celles qui ont besoin de se rassurer pour aller voir leur unique contact comme une personne âgée par exemple. Ils pourraient aussi être pratiques pour les enterrements si on veut être certain de ne pas contaminer les autres. Pour les entreprises, ces tests pourraient permettre de débusquer les éventuels foyers comme l'a expliqué ce matin Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises. Mais cela n'a pas pour vocation de bouleverser l'épidémie.

7) Quel prix pour un autotest ?

À ce stade difficile de donner un chiffre précis. "Cela devrait coûter entre 5 et 10 euros" selon le commissaire coronavirus Pedro Facon. Chez nos voisins, le prix oscille entre 10 euros aux Pays-Bas et 25 euros pour cinq tests en Allemagne dans les supermarchés.

Ces prix pourraient être problématiques pour les familles en difficulté ou nombreuses. Frank Vandenbroucke a précisé que deux millions de personnes qui bénéficient déjà des réductions pour les soins (BIM et Omnio, ex-Vipo) seront remboursées. Ces tests coûteront un euro pour les familles concernées avec un achat de maximum deux doses pour chaque personne du ménage et par semaine. Ce remboursement ne sera possible qu'à partir du 12 avril.

8) Les autotests vont-ils libérer certains secteurs?

Il ne faut pas rêver, ces autotests ne vont pas délivrer des secteurs comme l'horeca dans l'immédiat. “Nous ne considérons pas les autotests comme un ticket d’entrée pour certaines activités” , a expliqué le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Mais le socialiste, en fonction des résultats des tests, n'a pas voulu fermer totalement la porte. "On pourrait imaginer en mai qu’un restaurateur puisse afficher clairement, en le promettant sur l’honneur, qu’il réalise régulièrement des autotests sur lui-même et son personnel. Cela pourrait être un gage de confiance pour le client." En revanche, selon un rapport fourni aux autorités belges par le RAG, ces tests ne sont pas conseillés pour de grands événements de masse comme les festivals. Notamment à cause de sa fiabilité relative.