L’intéressé avait reçu un ordre de quitter le territoire en mars 2014 avec interdiction d’y revenir avant mars 2017…

Il était 14 h 15 mardi lorsqu’une équipe franco-belge composée de six policiers - quatre belges, deux français - a voulu procéder à la perquisition d’un appartement situé au numéro 60 de la rue du Dries, à Forest. Dès l’instant où ils ont ouvert la porte du domicile visé, au moins deux présumés terroristes ont immédiatement fait feu dans leur direction.

Selon nos infos, il s’agirait a priori de l’Algérien de 35 ans (en séjour illégal) qui a été abattu sur place ainsi que du suspect pour lequel un portrait a été diffusé dès hier en interne par les enquêteurs.

Les suspects étaient lourdement armés. L’un d’une Kalachnikov. L’autre d’un riot gun. Ils avaient des munitions à profusion. Pas moins de 11 chargeurs de Kalachnikov ont été retrouvés sur place. Lors d’un échange de tirs bref mais nourri, ils ont réussi à légèrement blesser trois des six policiers. "Le pire a été évité grâce à la réaction professionnelle des policiers présents, qui ont immédiatement répliqué et qui ont pu battre en retraite", a commenté hier le parquet fédéral lors de sa conférence de presse.

Et de préciser : "Le pistolet d’un des policiers, qui se trouvait encore dans sa gaine au niveau de la hanche, a notamment été touché. Des impacts de balles, provenant vraisemblablement du riot gun, ont également été retrouvés sur les gilets pare-balles des intervenants."

Par après, alors qu’ils s’étaient retranchés dans l’appartement, les présumés terroristes ont encore tiré en direction des intervenants à de nombreuses reprises, blessant notamment un quatrième policier faisant partie des Unités spéciales et dont l’oreille a été éraflée par une balle. Ce n’est que vers 18 h que l’un des suspects qui était armé d’une Kalachnikov a pu être neutralisé par un sniper.

"Il allait clairement ouvrir le feu sur la police depuis une fenêtre de l’appartement", a souligné le parquet fédéral. "Son corps a été retrouvé dans l’appartement pendant la perquisition qui s’en est suivie. À côté du corps se trouvait une Kalachnikov ainsi qu’un livre sur le salafisme. Un drapeau de l’État islamique a également été retrouvé dans l’appartement."

Les enquêteurs n’ont ensuite pas mis longtemps à identifier le tireur abattu. Il s’agit d’un Algérien en séjour illégal : Mohamed Belkaid, 35 ans. Ce dernier était inconnu au bataillon. Comprenez par là qu’il n’avait jamais attiré auparavant l’attention de nos services antiterrorisme. Il était seulement connu pour un vol de portefeuille commis le 7 mars 2014. Il avait alors été relaxé à l’issue de son audition au commissariat avec un ordre de quitter le territoire et interdiction - à cause de son méfait - d’y revenir durant les trois prochaines années, c’est-à-dire pas avant le 7 mars 2017 !