Du côté des Verts, on apprenait vendredi que la réunion qui était envisagée le jour-même avec les préformateurs n'aurait finalement pas lieu, alors que le duo Paul Magnette - Bart De Wever a quand même revu en matinée les présidents des partis libéraux. "On aurait donc dit que les préformateurs avaient finalement fait leur choix, en faveur des libéraux", explique une source chez Groen. Finalement, la brève et pénible rencontre a débouché chez les préformateurs sur le constat qu'il valait mieux s'arrêter là, qu'ils n'étaient plus en capacité de poursuivre leur mission.

Lundi, jour de leur rendez-vous au Palais, Paul Magnette et Bart De Wever devraient donc selon toute vraisemblance faire état de cet échec au souverain, et de leur volonté de passer la main.

Ni Verts ni libéraux ne s'expriment vendredi sur une possible mission qui leur serait confiée à l'avenir. "Nous restons disponibles", entend-on brièvement du côté de Groen et de l'Open Vld, qui ne vont pas plus loin. Une disponibilité qui est d'ailleurs également ré-affirmée par le PS vendredi, qui "regrette" l'attitude des libéraux dans les négociations et se dit toujours disposé à travailler à une solution pour le pays. Chez Ecolo, on ne réagit pas.

Au MR, on reste sur la même ligne que le décisif communiqué vert-bleu de jeudi: "Le MR veut un gouvernement avec une majorité parlementaire rapidement. L'urgence économique et sociale sont les priorités. (...) Il faut faire des compromis et les notes doivent évoluer. Pas les invectives", a réagi sur Twitter le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez.


"On a le temps jusqu'au 17 septembre", tempère le président de l'Open Vld Egbert Lachaert au micro de la VRT, au JT de midi. "On sent qu'il y a une sorte de forcing", regrette-t-il. "On n'en est qu'aux préliminaires, pour une décision qui sera réellement prise en septembre, car c'est à ce moment-là qu'un vote de confiance au gouvernement Wilmès est au programme". Aux yeux du président de l'Open Vld, la "note" De Wever - Magnette était "trop socialiste", et "trop N-VA sur le plan communautaire". Pour lui, toutes les options sont désormais ouvertes, affirme-t-il.

En résumé, la note était imbuvable pour les Verts et les libéraux, qui par ailleurs ne semblent pas avoir apprécié que l'on tente de précipiter leur participation à des négociations sur une telle base.

Joachim Coens, président du CD&V, l'un des partis du "club des 5", "regrette" vendredi l'évolution des choses. "Le but était évidemment que cette mission réussisse".

Même son de cloche chez Maxime Prévot, président du cdH. Il exprime vendredi via Twitter des "regrets", "que chacun n'ait pas été capable de prendre de la hauteur pour débattre ensemble autour d'une table plutôt que par communiqués". "Tout était encore à écrire et rien n'avait donc encore été validé, y compris l'institutionnel", rappelle celui qui avait déjà insisté précédemment sur ce point.

Côté cdH, on reste aussi "dispo", comme le PS. "Le cdH se placera toujours du côté d'une solution pour sortir ce pays de ses multiples crises (sanitaire, socio-éco, climatique, budgétaire et politique)", résume son président. "Savonner les planches serait-il devenu un sport national?", s'interroge-t-il au passage.