"Restons zen". Tel est le titre d'une vidéo postée mardi après-midi sur les réseaux sociaux par le président du PS, Paul Magnette, après les tensions nées autour de la formation d'un gouvernement fédéral. 

Le socialiste francophone revient sur les difficultés à trouver une majorité, les priorités de son parti et le dossier institutionnel.

Les élections du 26 mai ont mené à un morcellement plus grand encore du paysage politique. Deux des vainqueurs, le Vlaams Belang et le PTB, sont hors jeu. La future majorité ne se trouvera donc que parmi les 120 des 150 sièges de la Chambre. "Il n'y a pas de majorité de centre droit ou de centre gauche possible. Il faut donc une majorité plus large et moins cohérente, ce qui est évidemment très compliqué", explique-t-il.

Si une majorité simple est compliquée à trouver, une majorité des deux tiers, indispensable pour faire une réforme de l'Etat, l'est encore plus. "Certains partis veulent à tout prix faire une réforme de l'Etat maintenant. Or, ce n'est pas possible. Pour des raisons de procédure: la Constitution n'est pas ouverte à révision. Et, quand j'ai consulté les partis (en tant qu'informateur, ndlr), j'ai bien constaté qu'au moins huit partis ne veulent pas de réforme de l'Etat aujourd'hui. La priorité, c'est le socio-économique", ajoute-t-il.

Face au blocage politique, le PS ne plaide pas pour des élections. "Les élections ne sont pas une réponse. Les citoyens se sont prononcés, c'est maintenant au tour des politiques de prendre leurs responsabilités pour faire une majorité avec un projet positif", assure-t-il.

Le PS rappelle également sa volonté de faire un audit du déficit budgétaire laissé par le gouvernement sortant. Il répète ses priorités: augmentation des basses pensions, bas salaires et basses allocations, lutte contre la pauvreté, engagement de moyens pour réaliser la transition environnementale.

Cible de nombreuses critiques, venant surtout du CD&V et de la N-VA, après l'échec de la mission de Koen Geens, le président socialiste réaffirme qu'il "veut construire des ponts entre les gens". "Je ne fais pas d'attaque personnelle, je n'y réponds pas. Je respire profondément et je reste calme", conclut-il.