En Belgique, les tests rapides vont probablement jouer un rôle essentiel dans la stratégie de déconfinement. Alexander De Croo a promis vendredi dernier de faire le "nécessaire pour que ces tests soient accessibles par les particuliers, en suffisance, comme en Allemagne". Dans ce pays, ces tests doivent toutefois être effectués par des professionnels capables d'interpréter les résultats, dans des pharmacies ou des centres agréés. Chez nous, l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé a acheté 400.000 tests rapides, mais elle réclame un cadre juridique aux autorités pour pouvoir les utiliser.

Alors ce cadre juridique, quand va-t-il voir le jour ? C'est la première question qui a été posée au ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, sur le plateau du JT de RTL ce samedi.

"Il faut peaufiner l'approche", estime le ministre qui donne un exemple concret pour lequel ces tests pourraient être utiles: l'organisation d'un camp scout pendant les vacances de Pâques. "Les enfants vont dormir ensemble, donc il y a une activité en intérieur, ce qui est normalement interdit. Dans ce cas-là, la mise en place de ces tests pourrait permettre d'accueillir les enfants en camp scout." Mais le fameux cadre juridique ? "Ce sera fait à temps. Il faut d'abord assouplir un peu la régulation en la matière, qui est assez stricte actuellement. Puis, il faut assurer la disponibilité des tests et je ne veux pas improviser. Donc, il faut déterminer correctement les critères d'utilisation, les modes de fonctionnement et la stratégie."

Les décisions annoncées par le Comité de Concertation hier soir, ont fait beaucoup de déçus, notamment, les restaurateurs et les agences de voyages. Le gouvernement est-il resté trop prudent, après un an de crise sanitaire ? Le ministre de la Santé comprend la déception de l'Horeca. "Ce sont des gens qui veulent travailler et on les en empêche. C'est très frustrant, même si les ministres concernés vont venir avec des aides supplémentaires." Mais pour expliquer les récentes décisions du Codeco, Frank Vandenbroucke ressort les chiffres de juin, moment où l'Horeca avait pu rouvrir. "Le 8 juin, on avait 122 contaminations en moyenne par jour, aujourd'hui 20 fois plus. On est toujours dans une situation fragile", souligne le ministre.

"En ce qui me concerne, j'ai toujours une priorité absolue : les jeunes et l'enseignement", répète encore une fois le socialiste flamand. "La détresse des jeunes est interpellante. On constate qu'il y a de plus en plus de problèmes, notamment de santé mentale, qui sont liés au fait que les écoles ne peuvent pas fonctionner normalement. Là, nous avons vraiment fait un pari. Après Pâques, on veut retrouver l'enseignement en présentiel. Et déjà avant Pâques, on veut qu'au moins 20 % des étudiants dans le supérieur aient des cours en présentiel. C'est une priorité absolue dans un contexte qui est toujours très fragile ! C'est pour cela qu'on a reporté l'ouverture de l'Horeca. Je sais que c'est triste pour les secteurs et les personnes qui y travaillent. Mais j'espère qu'elles comprennent notre choix de prendre d'abord un risque pour l'enseignement et les rassemblements de personnes en extérieur."

Frank Vandenbroucke n'en doute pas : "On va vaincre le virus ! On va pouvoir vivre normalement, mais il y a une condition : la campagne de vaccination. Il faut vacciner la population. C'est la seule vraie sortie de cette crise. En même temps, on doit rester prudents, avancer étape par étape dans les assouplissements."

Avant de le laisser partir, notre confrère de RTL lui a posé cette dernière question sur la campagne de vaccination : "Les couacs, les cafouillages, est-c'est terminé ?".

"Ils ne sont pas acceptables", reconnait Vandenbroucke. "On y travaille énormément et je crois qu'on est en train de résoudre toute une série de problèmes."

Selon le ministre, certaines mesures devront toutefois être maintenues après la vaccination des personnes les plus fragiles. "Tant qu'il reste une partie importante de la population qui n'est pas vaccinée, le virus est dangereux. Evidemment, dès que les personnes âgées, les personnes avec des comorbidités, les plus vulnérables au Covid seront vaccinées, on aura franchi une étape très importante, mais avant de pouvoir dire qu'on a vaincu le virus, il faut vacciner une partie plus large de la population."