Belgique

Le fils de Marc Dutroux et Michelle Martin défend sa mère et déclare que tous les Belges doivent être sur un pied d’égalité, et donc sa mère aussi…


BRUXELLES Frédéric Dutroux, qui a désormais changé de nom pour s’appeler Frédéric Roux, s’est exprimé à propos de la possible libération de sa mère Michelle Martin dans le magazine flamand Dag Allemaal . "Je vais peut-être avoir la moitié de la population belge contre moi mais je veux tout de même défendre ma mère. Ce n’est pas un monstre, c’est juste une pauvre femme et une bonne mère pour nous".

Le plus âgé des trois enfants de Marc Dutroux et Michelle Martin, Frédéric (28 ans), a un frère Andy de 18 ans et une soeur Céline de 16 ans. Il a décidé de ne plus garder le silence. "Je tiens à m’exprimer car je pense qu’il est important que la population sache qu’il existe une autre Michelle Martin que celle liée au drame dont on parle toujours. Je n’ai jamais pu imaginer que la libération de ma mère après autant d’années en prison allait enflammer l’opinion publique. Je me demande si les gens pourront un jour oublier. Est-ce que je vais être considéré toute ma vie comme le fils de Dutroux ? Heureusement, je lis peu de journaux et ne regarde jamais la télévision…".

Et d'ajouter : "les Belges doivent tous être sur un pied d’égalité et donc ma mère aussi. Elle a droit comme la justice l’autorise à une libération conditionnelle. Je pense que le Monastère des Clarisses de Malonne est en effet une bonne solution pour ma mère. Elle est de nature très calme. J’espère qu’elle pourra se retrouver dans ce nouvel environnement. Elle y sera plus au calme que dans une prison".

"Je comprends que certaines personnes se posent des questions sur la libération de ma mère car les faits qu’elle a commis sont très graves mais je ne comprends pas que l’on ait organisé une nouvelle marche". Il déclare aussi que les médias ont fait de Michelle Martin un monstre mais que lui la connait d’une toute autre manière. "Elle a commis des faits horribles mais ce n’est pas un monstre. Ce n’est pas une mauvaise femme, elle a payé sa dette en prison. On a toujours dit qu’elle a laissé mourir deux petites filles de faim tandis qu’elle nourrissait les chiens. Est-ce vraiment la réalité ? Je connais ma mère et je peux affirmer que ce n’est pas une manipulatrice".


Un héritage qui pose question

Frédéric aborde aussi la question de l’héritage de sa mère. "Michelle Martin nous a donné l’héritage de sa maman. De cette manière, nous avons encore quelques souvenirs de notre jeunesse. Cet héritage qui n’était pas bien grand est la seule chose que nous ayons reçue. La maison de mon père a été vendue probablement au profit de l’Etat pour payer les frais de justice. Il n’y a donc plus rien comme héritage pour les victimes. Franchement, quelqu’un trouve-t-il dingue que mon frère, ma sœur et moi ayons quelque chose? Nous n’avons rien dans la vie, tout au plus ce capital de quelques milliers d’euros pour nous lancer (...). Je trouve regrettable qu’une partie civile souhaite s’emparer de cela mais M. Lambrecks ne connaissait peut-être pas le contexte".

Le jeune homme dit aussi ne pas avoir beaucoup de contact avec sa mère. "Au début, on se téléphonait régulièrement et quand j’étais encore jeune, j’allais la visiter une fois par mois. Maintenant, j’ai appris à vivre sans elle. Ma mère est très sensible et émotionnelle. Elle est à présent très investie dans la religion catholique. Elle n’a pas eu une vie facile aux côtés de mon père [...] Elle a suivi une thérapie pour reprendre le contrôle d’elle-même et de ses sentiments. Elle a parlé des fillettes en prison, et souvent en larmes...".

Il termine son entretien avec Dag Allemaal par cette phrase : "Quand ma mère était en prison et que j’ai appris ce qu’elle a fait, j’étais très fâché, mais je n’ai jamais éprouvé de la haine pour elle ! J’essaie à présent de survivre, je n’ai jamais cherché une autre figure maternelle. Je n’ai qu’une mère et c’est Michelle Martin. Quand elle sera libérée, j’irai la voir pour lui parler. J’espère simplement qu’elle ne tombera pas dans la folie".

© La Dernière Heure 2012