D'ici 2 mois à peine, les fêtes de fin d'année prendront place dans notre quotidien. Un quotidien qui aura été perturbé durant l'ensemble de l'année 2020 et qui le sera encore à la fin du mois de décembre, une période souvent placée sous le signe de rassemblement entre amis et familles. Sur le plateau de "Question en Prime", Frédérique Jacobs, cheffe du service infectiologie à l'hôpital Erasme, a éteint tout espoir de retour à la vie normale dans les semaines qui viennent.

Pour l'infectiologue, il ne faut pas voir une échéance dans la lutte contre le coronavirus au moment des fêtes. "Les fêtes de fin d'année, c'est un moment particulier que tout le monde adore, il ne faut pas se le cacher. L'objectif maintenant c'est de sauver la population. Le virus circule énormément, il y a beaucoup de gens malades. Tout le monde connaît au moins une personne malade, effondrée dans le fond de son lit avec 40 de température. Il faut désormais surtout sauver le système de santé. Les hôpitaux sont complètement noyés. Il n'y a pratiquement plus moyen d'hospitaliser. Si la courbe continue comme on la voit actuellement, on sera vraiment à saturation", explique Frédérique Jacobs.

La question qui se pose désormais au sein de la population est de savoir si, en respectant les gestes barrières, il sera possible de vivre des fêtes de fin d'année classiques. Une chose qui semble illusoire pour la cheffe du service infectiologie à Erasme, qui explique que même si les tendances parviennent à baisser à ce moment-là de l'année, il faudra imaginer les fêtes autrement. "Même si on parvient en reconfinant à vraiment faire diminuer la courbe, on doit se dire que faire les fêtes de fin d'année telles qu'on les fait habituellement, c'est dangereux. Avec des rassemblements de toute la famille où l'on mange, on boit, on s'amuse, on donne des cadeaux, on s'embrasse parce que c'est Noël ou la Nouvelle année. C'est le genre d'endroit où le virus adore se répartir. Les fêtes de famille sont particulièrement dangereuses."

Frédérique Jacobs n'hésite pas non plus à évoquer la possibilité d'un reconfinement de la population d'ici les prochaines semaines. "On ne va pas avoir un confinement, pour ensuite faire des événements qui font propager le virus qui font que l'on va devoir à nouveau se reconfiner."

Pour elle, la solution pour éviter une nouvelle propagation du virus à la fin du mois de décembre est donc de fêter Noël et le Nouvel An "autrement". L'infectiologue évoque même une solution drastique. "Il faudra penser à reporter les fêtes de fin d'année en juillet-août quand il fait beau. Là vous pourrez faire une grande fête dans votre jardin. Je pense qu'il va falloir beaucoup d'imagination pour ne pas faire des fêtes comme chaque année et trouver autre chose à faire en respectant les mesures."

> L'expert Yves Coppieters a, lui aussi, donné sa vision de ces premières fêtes de fin d'année Covid.