Belgique

La personne arrêtée samedi à la suite de la fusillade au Musée juif de Belgique de Bruxelles, qui a fait trois morts et un blessé grave, n'est plus entendue comme suspect mais comme témoin, a indiqué samedi soir la porte-parole du parquet de Bruxelles Ine Van Wymersch. Une autre personne a pris la fuite à pied et la police est actuellement à sa recherche. Deux pistes sont étudiées, a ajouté Ine Van Wymersch, porte-parole du parquet bruxellois. Un suspect en voiture a été interpellé plus tôt en fin d'après-midi, sur base des témoignages. Une seconde piste fait état d'une personne qui a pris la fuite à pied. Celle-ci n'est pas encore identifiée. Les images des caméras sont en train d'être exploitées.

Le parquet de Bruxelles n'a pas encore assez d'éléments pour affirmer ou infirmer qu'il s'agit d'un acte antisémite.Il indique par ailleurs qu'il ne communiquera plus au sujet de cette fusillade avant dimanche 11h00.

Présent lors de la conférence de presse, le Premier ministre Elio Di Rupo a assuré qu'"on a mobilisé tout ce qui était mobilisable dans le cadre de cette horrible situation". La ministre de la Justice Annemie Turtelboom, elle aussi présente, a indiqué que la Sûreté de l'Etat prête assistance aux procureurs général et fédéral. La juge d'instruction Bernando-Mendez, spécialisée dans les affaires terroristes, a été requise pour mener l'enquête.

Enfin, la ministre de l'Intérieur a confirmé que le niveau de menace des lieux où se rassemblent des personnes de la communauté juive a été élevé dans l'ensemble du pays au niveau 4 -le stade maximal- qui signifie une présence policière permanente. Elle précise que l'Ocam (Office central d'analyse de la menace) ne dispose d'aucune information qui permettrait de craindre pour la sécurité de la population, notamment pour le vote de dimanche.

Quatre victimes

Deux femmes et un homme ont été tués. L'information est confirmée par le patron de la police de Bruxelles-Ixelles Guido Van Wymersch et l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam). D'après nos informations, une quatrième personne se trouverait dans un état très grave. De même, un témoin aurait pu relever la plaque d'immatriculation de l'Audi.

Présent, par hasard, dans le quartier, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders est l'un des premiers témoins du drame: "J'ai entendu les coups de feu, je me suis précipité et j'ai vu les corps par terre", nous a-t-il déclaré. La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet était elle aussi dans le quartier. Elle est arrivée sur place quelques minutes après son homologue du gouvernement. D'après elle, "tout porte à croire qu'il s'agit d'un attentat antisémite."

Présent sur place, le président du consistoire central israélite de Belgique Julien Klener nous a confié qu'il "n'y a pas eu de menaces récentes sur le musée juif de Belgique.

Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, interrogé par RTL-TVI, était très ému. "C'est probablement un acte terroriste. Pour nous c'est un acte extrêmement grave. La police est sur une piste qui nous paraît sérieuse. On est sur une piste tout à fait sérieuse. C'est assez inquiétant. Tous les responsables du Musée Juif sont là. Ils sont sous le choc. On ne sait pas s'il s'agit de passants ou de membres du personnel. "

"Premier attentat anti-juif à Bruxelles depuis la Seconde Guerre mondiale"

Maurice Sosnowski, le président du Centre de coordination des organisations juives de Belgique est visiblement sous le coup des événements qui se sont produits au Musée juif à Bruxelles. "C'est la consternation parce qu'on est en présence du . Il est difficile de penser à ce stade qu'il ne s'agit pas d'un attentat..."

Le président du CCOJB ne peut pas s'empêcher non plus de penser à l'attentat de Toulouse. Interrogé par la RTBF, le Dr Sosnowski a précisé que selon ses informations il n'y avait pas de menace contre l'institution de la rue des Minimes, ni pour aucun autre lieu de la Communauté juive.

Le niveau de menace pour les intérêts de la communauté juive a cependant été augmenté au plus haut niveau d'alerte possible.