Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont choisi de démissionner, mais le Premier ministre a refusé.

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) a choisi de démissionner, annoncent nos confrères de VTM, qui eux-mêmes citent plusieurs sources. Le cabinet du principal intéressé confirme cette information. Une démission refusée par le Premier ministre Charles Michel. Par ailleurs, le Standaard et la VRT affirment quant à eux que Koen Geens (CD&V), ministre de la Justice, a lui aussi présenté sa démission au cours de la nuit. Refusée à nouveau, par Charles Michel , qui aurait insisté sur l'importance de resserrer les rangs durant ces moments difficiles, ajoute VTM.

M. Jambon aurait pris cette décision après "des erreurs présumées dans l'enquête dans le dossier terrorisme". Il déclare : "Quand on met tous les faits les uns après les autres, on peut se poser de sérieuses questions sur un certain nombre d'affaires concernant la Justice ainsi que ses conséquences". Le ministre de l'Intérieur pointe également du doigt de possibles dysfonctionnements du côté de la police. C'est pourquoi il estimait devoir "assumer ses responsabilités politiques."

A l'issue de cet examen, M. Jambon a jugé qu'il devait "prendre ses responsabilités politiques". A l'instar du ministre de la Justice, il a proposé de démissionner mais le Premier ministre Charles Michel a refusé leurs propositions, "vu la situation, vu la situation de guerre", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

Le vice-premier accepte le refus du premier ministre et s'engage à poursuivre son travail dans une "situation de guerre". "Si je ne le sentais pas, je n'aurais pas accepté la réponse de Charles Michel" poursuit Jambon.

Le ministre de la Justice Koen Geens a lui évoqué jeudi, dans l'émission Villa Politica de la VRT, la possibilité que les informations relatives à Ibrahim El Bakraoui aient été transmises trop lentement de Turquie vers la Belgique, ainsi qu'en Belgique même. "Il n'y a peut-être pas eu de transmission d'information en temps opportun de Turquie vers la Belgique, et en Belgique même", a déclaré le ministre CD&V, dont l'offre de démission a été refusée par le chef du gouvernement Charles Michel, tout comme pour son collègue de l'Intérieur Jan Jambon.


Le comité ministériel restreint s'était réuni jeudi midi pour se pencher sur le dossier Ibrahim El Bakraoui, dont l'expulsion de Turquie à l'été 2015 avait été communiquée aux autorités belges, avait affirmé mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.


Koen Geens aussi...

Par ailleurs, le Standaard et la VRT affirment quant à eux que Koen Geens (CD&V), ministre de la Justice, a lui aussi présenté sa démission au cours de la nuit. Refusée à nouveau, par Charles Michel , qui aurait insisté sur l'importance de resserrer les rangs durant ces moments difficiles, ajoute VTM.


Une commission d'enquête sur le couac autour d'Ibrahim El Bakraoui

Ce jeudi, à 15 heures, le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) doit annoncer la mise sur pied d'une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur la libération d'Ibrahim El Bakraoui, l'un des deux kamikazes qui s'est fait exploser mardi à l'aéroport de Zaventem, alors que la Turquie l'avait arrêté sur le chemin de la Syrie et l'avait expulsé vers les Pays-Bas.

Le cahier des charges de cette commission d'enquête sera défini vendredi après-midi, au terme de la tenue d'une commission réunie de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères au cours de laquelle les trois ministres concernés par ce dossier - Jan Jambon (N-VA), Koen Geens (CD&V) et Didier Reynders (MR) - seront mis sur la sellette par les députés.