Belgique

Le ministre de la Justice Koen Geens a défendu vendredi le flou persistant sur les raisons concrètes de l'abaissement du niveau de la menace terroriste de 4 à 3 en Région bruxelloise, affirmant que cette évaluation ne relevait ni de la mathématique ni de la science.

"Ce n'est pas une mathématique, ce n'est pas une science, mais (le résultat d') un raisonnement très construit, sur base des renseignements de différents services", a argumenté M. Geens, interrogé sur La Première (RTBF).

Il souligne que l'évolution de l'enquête telle que rapportée à l'OCAM (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) par le parquet fédéral ne constitue qu'un des éléments apportés par les sept services de renseignement concernés.

Le ministre répète que "la menace reste devant nous mais n'est pas imminente pour l'instant", mais il se refuse en revanche à confirmer les propos du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders selon qui une dizaine de personnes seraient toujours recherchées, ou les allégations selon lesquelles un attentat aurait été déjoué le week-end dernier à Bruxelles.

Et si le procureur fédéral belge ne s'est finalement pas exprimé publiquement jeudi comme il s'y était engagé dans un premier temps, à l'inverse de la communication du procureur de la République de Paris, c'est que ce dernier parle d'événements passés, tandis que le magistrat belge devrait pour sa part évoquer de potentiels événements à venir, selon M. Geens.

Le ministre est prêt à reconnaître çà et là une petite erreur de communication, "parfaitement excusable" à ses yeux dans le contexte actuel, alors que les services assurent "en général un grand travail professionnel".

Il demande d'accepter une forme de fatalité dans le fait que les services n'ont pu déjouer les attentats sur base de leurs informations, dont une isolée parmi les milliers disponibles n'aurait pu suffire à ses yeux. Il rappelle en revanche le succès de l'opération anti-terroriste de janvier dernier à Verviers.

Selon lui, la circulaire sur les combattants étrangers révisée dans la foulée de cette opération offre les moyens d'échanger les informations de manière adéquate entre les autorités locales et fédérales.

Quant au principal fugitif Salah Abdeslam, qui serait en chemin vers la Syrie selon Het Laatste Nieuws, M. Geens a dit sur Radio 1 (VRT) n'être "absolument pas au courant" de cette possibilité.