Si le Covid-19 reste un virus qui nous échappe encore sur de nombreux aspects, les scientifiques tentent par tous les moyens d'en apprendre le plus possible sur cette maladie qui a paralysé la planète. Parmi les points importants que les experts cherchent à éclaircir, se trouve évidemment la façon dont les individus sont contaminés. Une étude menée, en mars et avril, par l'université de Stanford a essayé pour cela de dresser la liste des lieux les plus sujets à des infections. Se basant sur des données démographiques, des estimations épidémiologiques et des données GSM anonymes, les chercheurs ont conclu que la plupart des contaminations aux Etats-Unis avaient eu lieu dans des restaurants, des salles de fitness et des cafés.

Les résultats de cette étude peuvent-ils être transposés à la situation en Belgique ? "La situation est un peu similaire partout", a déclaré Geert Molenberghs à nos confrères de HLN . "Il peut y avoir localement quelques différences, mais une étude norvégienne a abouti aux mêmes conclusions. Au cours d'une enquête menée par la Flandre, de nombreuses personnes ont également indiqué qu'elles s'étaient rendues au restaurant ou dans des infrastructures sportives juste avant leur infection." 

Mais le biostatisticien de l'UHasselt et de la KULeuven ne pense pas que cela soit dû à un manque de précautions prises par ces secteurs. Ni même à un comportement à risque des clients. "On ne peut pas y faire grand-chose, a-t-il estimé. Malgré tous les efforts qui ont été mis en place. Les gestes barrières sont difficiles à maintenir dans ces secteurs. Vous ne pouvez pas boire avec un masque, tout en parlant longtemps avec des gens."

Un impact sur le déconfinement ?

Selon M. Molenberghs, ces environnements sont propices à une contamination par aérosol. "Surtout maintenant que le temps n'est plus au beau fixe et que nous nous trouvons plus souvent dans des zones mal ventilées", a-t-il continué auprès de nos confrères de HLN . Il existe donc un véritable espoir pour l'horeca et les infrastructures sportives de pouvoir rouvrir avec un risque moins important au retour du beau temps. Le spécialiste a ainsi expliqué qu'à ce moment-là, il sera à nouveau possible d'organiser davantage d'activités en extérieur et d'ouvrir les fenêtres pour assurer une meilleure ventilation.

Enfin, il a estimé que les autorités devraient tenir compte de cette étude quand elles mettront en place le processus de déconfinement, insistant sur la nécessité de ne pas rouvrir les infrastructures sportives et l'horeca avant que la circulation du virus ait suffisamment diminué.