Georges-Louis Bouchez, le président du MR, a commenté ces mesures au micro de La Première. Il relate que le financement de ces mesures provient des profits qu'a fait le gouvernement grâce à la TVA quand toutes les énergies ont augmenté.

"Le souhait du MR était que 100% des surgains soient redistribués. Cela représente 1,8 milliard, et nous rendons 1,3 milliard. C'était fondamental pour ne pas faire augmenter les impôts. C'est donc un accord qui est juste car il dit que l'état ne va pas s'enrichir sur la flambée des prix de l'énergie. C'est déjà le troisième paquet de mesures. Au total, cela fait près de 3 milliards d'euros que l'État aurait pu engranger si nous n'avions pas pris ces mesures. Mais c'était normal et logique de le faire pour préserver le pouvoir d'achat et en particulier des classes populaires et des classes moyennes", commente Georges-Louis Bouchez.

L'opposition reproche toutefois que cet accord a mis du temps à se dessiner. "Le but était de faire un immense accord énergétique dans lequel on voulait régler le renouvelable, le nucléaire, etc. Il s'est avéré que les dossiers n'avaient pas de lien entre eux. Le CD&V et le MR avaient insisté pour décider d'instaurer tout de suite le cliquet inversé à la pompe à essence. Les prix du gaz et de l'électricité sont en partie pris dans l'index des salaires. Les salaires augmentent donc au fur et à mesure que le prix du gaz et de l'électricité augmente", répond le président libéral.

Mais que se passera-t-il si les prix sont amenés à flamber une nouvelle fois ? Georges-Louis Bouchez veut que ce mécanisme de distribution des surgains soit conservé. "On agira de la sorte. Il faut garder cette philosophie de rendre les surgains. Il ne faut pas augmenter les dettes de l'État car les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain. De plus, un pays endetté serait une cible sur les marchés financiers, ce qui pourrait aggraver la situation de notre pays".

"Il faudra un accord cette semaine sur le nucléaire"

Si le gouvernement De Croo s'est accordé lundi soir sur un paquet de mesures de soutien urgentes face à la flambée des prix de l'énergie, il n'est toutefois pas au bout de ses peines. D'ici la fin de la semaine, il doit s'accorder sur la sortie du nucléaire. A la fin décembre, les partenaires gouvernementaux ont convenu de prendre une décision le 18 mars, soit vendredi.

Le plan A, soit la sortie définitive du nucléaire en 2025, était déjà sujet à caution. La guerre en Ukraine semble avoir précipité les choses et les écologistes se montrent plus enclins qu'avant à accepter une prolongation.

La mise en oeuvre du plan B implique toutefois de lancer un processus administratif et législatif complexe et de négocier avec Engie, l'exploitant des sept réacteurs belges. "On ne passera pas cette semaine sans accord, particulièrement sur le nucléaire. Si on ne décide pas dans le courant du mois de mars, on sera trop tard pour poser des choix", a souligné M. Bouchez sur les ondes de La Première.

Le vice-Premier ministre Ecolo, Georges Gilkinet, s'est montré prudent mais n'a pas fermé la porte à la prolongation du nucléaire. "On va analyser les scénarios sur la table. Le monde a changé, on en tient compte. On analysera de manière objective, nous ne sommes pas aveugles", a-t-il dit au micro de Bel-RTL. "Il y a une ouverture pour autant que cela ne freine pas les énergies renouvelables et notre autonomie énergétique, et ce que cela ne mette pas en danger nos concitoyens. Je ne souhaite pas de l'énergie dangereuse pour eux. Ce sont des centrales qui ont été mises en difficultés."

Une discussion est en cours avec Engie, a-t-il indiqué. "Il faudra trouver un accord équilibré."