VDB cultivait l'art de la petite phrase

BRUXELLES Paul Vanden Boeynants, c'était aussi l'art des petites phrases savoureuses. Morceaux choisis.

Sa carrière: `Si, au lieu de faire de la politique, j'avais écouté mon père et j'avais continué à m'occuper de mes affaires, j'aurais vraiment fait une belle carrière et j'aurais gagné beaucoup plus d'argent.´

Son ascension: `Moi, un parvenu? Mais oui: parvenu à être Premier ministre!´

Son enlèvement: `Je me suis dit, VDB, tu ne vas pas crever ici!´

La contestation: `Le jour où les dégoûtés s'en iront, il ne restera que des dégoûtants´

Sa fortune supposée: `Je n'émarge pas au CPAS, c'est évident! Mais je ne suis pas un homme riche, loin de là!´

Son physique: `Quand je souris, j'ai toujours un air ironique, c'est mon drame".

Son bilan: `J'aimerais que l'on dise de moi que j'ai montré que dans ce pays, un homme de très humble condition a pu accéder, comme aux USA, au poste le plus important. Que j'ai essayé de faire ce que je pouvais et que je suis resté fidèle à mes convictions, que j'ai dit ce que j'ai pensé, et que j'ai pensé ce que j'ai dit".

Les tours construites à Bruxelles sous son échevinat: 'J'ai toujours cru bien faire. On n'a jamais cherché à faire du beau. Je ne dis pas que c'est une réalisation formidable. On voulait regrouper un maximum de bureaux. Je suis persuadé que cela deviendra un centre d'affaires européen. Par contre, je regrette la tour ITT, au bout de l'avenue Louise".

Le roi Baudouin: `Le Roi est un homme exceptionnel. Il ne parle pas beaucoup, il interroge. Il donne un avis ou un conseil, mais c'est un dialogue. Le Roi n'est pas un dictateur".

Ses fonctions à la Défense: `J'y ai passé mes plus belles années".

Sur l'affaire Gladio: `Quand il y a un chien qui pète un peu trop fort dans la rue, c'est évidemment VDB! Une seule chose est réelle: j'ai fait, en matière fiscale, ce que je n'aurais pas dû faire".

Sa condamnation: `Avec la mort de papa et de maman, ce sont les heures les plus pénibles que j'ai vécues. J'ai été condamné comme je l'ai été parce que j'étais VDB. J'espère que c'est une vraie coïncidence que l'affaire a commencé lorsque j'ai présenté ma candidature comme bourgmestre de Bruxelles. J'ai payé sur le plan financier, moral, dans mes affaires, et politique".

L'abandon du maïorat de Bruxelles: `Je suis profondément meurtri. Mais l'intérêt de mon pays et de Bruxelles passe avant le rêve de VDB. Cela dit, je crois avoir donné à Bruxelles autant sinon plus qu'en étant à l'hôtel de ville".

La politique: `La parole en politique est quelque chose qui n'existe pas." Ou: `En politique, c'est comme en amour, il ne faut jamais dire ni toujours, ni jamais´.

Sa foi: `Je suis croyant par peur du vide, mais je me méfie comme de la peste des bigots´