"Je viens de l'avoir en appel vidéo, il se porte mieux qu'hier!", nous confie Grégory Chaudy, le papa du petit garçon, ce jeudi matin. L'état de santé de Kaïs s'améliore donc de jour en jour, mais il reste toujours très faible. Et à ce stade, il n'est pas encore question d'une sortie de l'hôpital pour le jeune patient. "Il est malgré tout toujours sous médicaments, pour son coeur. Il a été affaibli par l'assistance respiratoire et comme il a été sous sédatifs, il lui arrive d'avoir des petites crises de perte de connaissance. Les médecins surveillent donc tout ça", raconte le papa, remotivé mais encore inquiet, légitimement, pour son fils qui entame une phase de rééducation.

Les médecins, eux, sont impressionnés par la force avec laquelle Kaïs, quatre ans seulement, se bat pour lutter contre "le vilain virus". "Quand il a fallu l'endormir pour le mettre dans le coma, le docteur a dit qu'il avait mis 'une dose assez forte pour endormir un bébé éléphant', tellement Kaïs était insensible aux sédatifs. Il était très costaud". Même chose lorsqu'il a été placé sous assistance respiratoire. Une telle machine pour aider à respirer fonctionne selon deux modes: un premier où elle dicte le rythme de la respiration au patient, et un deuxième où le patient, s'il va mieux, décide du rythme de sa respiration. "Kaïs, lui, quand la machine dictait le rythme, il forçait dessus pour prendre le pas", raconte son papa. "Instinctivement, il lutte de toutes ses forces contre la maladie".

Pour être au maximum au chevet de son fils durant son hospitalisation, Grégory Chaudy avait décidé de fermer le commerce du Vilvoorde Outlet Shop qu'il gère non loin de Bruxelles avec sa femme. "On ne s'attendait pas à un drame pareil, et on n'avait personne pour garder le magasin ouvert", explique le jeune papa. Un autre gros coup dur en cette période de crise sanitaire, alors que la menace d'une fermeture des commerces plane sur notre pays. 

Avant de fermer durant une semaine, Grégory voyait déjà ses chiffres de vente dégringoler. "Il y a beaucoup moins de passage en magasin. Et même sur le site internet et les réseaux sociaux, il y a une diminution de fréquentation. Les gens ont moins envie de dépenser pour autre chose que des produits de première nécessité", détaille-t-il.

Mais le père de Kaïs estime que son commerce se porte mieux que d'autres en ce moment, notamment parce qu'il a peu de charges à payer, étant propriétaire de sa surface commerciale. Cependant, "tout va dépendre de la durée de la crise du coronavirus et de l'impact économique que ça va avoir à long terme", précise-t-il, "On peut très bien avoir un scénario où en mars 2021, un vaccin miraculeux sort et l'économie reprend, avec un boom économique. Ou alors on rentre dans un scénario où le virus va impacter l'économie pendant deux ans par exemple, où il n'y aura pas assez de vaccins, et les gens ne dépenseront plus".

Selon lui, pour aider un maximum les commerçants à survivre à la crise actuelle, il faut que l'État repense son système d'aides au secteur. "Le décalage entre la demande d'aide et le moment où on la reçoit est trop grand, il se passe plusieurs mois avant qu'elle arrive sur notre compte", explique Grégory Chaudy, qui attend toujours son aide financière du mois de juillet. Une situation déplorable pour les sociétés qui sont déjà dans le rouge au moment de la demande: "La bouée de sauvetage arrive trop tard, et ça, tous les commerçants s'en plaignent".

Grégory Chaudy espère donc un coup d'accélérateur pour pouvoir garder la tête hors de l'eau sur le long terme. Quelque peu démoralisé, il relativise tout de même. "Ce n'est pas le plus grave", ajoute-t-il pour revenir à l'état de santé de son fils Kaïs: "C'est un coup dur, mais avec ma femme, on préfère être pauvres et avec un fils un bonne santé".